Tosya Renaissance

Le monde Tosya, au cours de la troisième Ère, ving-cinq ans après la montée en puissance du Roi de Dinak, Dan Azyrith, le traitre d'Alsaria.
 

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Celeth Arzen

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Celeth Arzen
Dinakien



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Messages : 5
Date d'inscription : 24/07/2010
Age : 27

Feuille de personnage
Age : 20 ans
Métier / rang social : Vicomte d'Hallanéliria
Armes ou accessoires:

MessageSujet: Celeth Arzen   Jeu 17 Fév - 22:34

Celeth Arzen



I - Identité

Nom : Arzen
Prénom : Celeth
Sexe : M
Age : 20 ans
Origine : Puivel, Dinak
Métier/rang social : Vicomte d'Hallanéliria

II - Le personnage


Physique : Jeune homme de carrure et de taille moyenne, agréablement proportionné et aux traits plutôt fins, on peut dire de Celeth qu'il dispose d'une silhouette attrayante. Au premier coup d'oeil, il est évident de constater que l'héritage maternel prime dans son physique, sa ressemblance avec son père se limitant à certaines arêtes de son visage. Sa chevelure brune, son teint pâle et ses traits aristocratiques lui viennent principalement de sa génitrice, tout comme le quart de sang elfique qui donne à ses pupilles d'airain leur profondeur si singulière. Son visage expressif est souvent le reflet de ses émotions qu'il arrive mal à dissimuler.
Côté vestimentaire, Celeth, tout comme ses parents, délaisse volontiers broderies et volute des tenues de cour en regard de sa liberté de mouvement. Il arbore donc des tenues souvent sobre quoique que d'élégante facture auxquelles il substitue de fonctionnels habits de voyage surmontés de protections de cuir lors de ses déplacement.

Equipement : Une paire de lames jumelles, une dague, des couteaux de lancer dissimulés dans les replis de sa tenue.

Caractère : Issu de parents aux caractères particulièrement divergents, Celeth s'est forgé un tempérament plutôt singulier. De nature franche, Celeth n'hésite pas à dire ce qu'il pense et cache rarement (et difficilement) ses émotions. Cela en fait d'ordinaire un individu au sang chaud qui supporte mal que l'on lui manque de respect. Toutefois, malgré cet aspect sulfureux de sa personnalité, Celeth est tout de même capable de se tempérer lorsque la situation l'exige. Lorsque qu'il ne cède pas à ses fameux coups de sang, Celeth est d'un naturel sociable, voire même jovial, le tout teinté d'espièglerie et d'un sens de l'humour incisif tirant sur l'ironie.
Loin d'être un Don Juan, Celeth dégage néanmoins un certain charme, souvent même sans y porter une quelconque intention. N'aimant pas jouer avec les sentiments des autres, il joue rarement les séducteurs. De manière générale, Celeth agit généralement de façon noble et ne rechigne pas à apporter une aide désintéressée à ceux qui en on besoin. Il se montre en revanche impitoyable face à ses ennemis et a la rancune extrêmement tenace.

Idéologiquement, Celeth prône la souveraineté de Dinak mais également la paix avec Alsaria. Il abhorre les réminiscences du règne de Dan Azyrith que sont les Fils de Dinak qui ont, d'après lui, trahi son père et leur patrie au moment le plus critique de son histoire. De plus, les tentatives d'assassinat perpétrées contre lui et sa famille l'ont poussé à se dévouer à leur destruction autant que faire se peut. En ce qui concerne les Mercenaires, Celeth se montre ouvert, mais méfiant. Il n'admet pas que des individus se proclament supérieurs aux monarques en place, car il trouve qu'un tel pouvoir est dangereux et corrupteur. Toutefois, au vu de leurs actions passées, Celeth réserve son jugement à leur propos et ne se montre pas hostile envers eux.

Talents : Celeth a été entraîné au maniement de l'épée durant des années, à la fois par son père et par sa mère. Il est donc devenu un bretteur d'exception. Il a également été formé par Valerian au combat à l'aveuglette et a acquis une expertise égale à celle de son père dans ce domaine. Celeth mise plus sur l'agilité et la dextérité en combat que sur la force et l'endurance. Il est également très précis au lancer de couteau, mais délaisse les autres armes à distance comme l'arc ou l'arbalète, avec lesquelles il ne parvient pas à se familiariser.

Particularités : Les yeux de Celeth sont sa principale particularité physique. Leur couleur typiquement elfique, absente du spectre habituel des humains, ainsi que leur profondeur remarquable le rendent facilement identifiable pour qui l'a déjà rencontré.

III – Histoire


Lorsque son intendant déposa une nouvelle pile de rapports sur le bureau défraîchi, soulevant une mince couche de poussière qui alla matérialiser les quelques rayons de lumière froide qui filtraient par la fenêtre de la tour, Valerian ne pu réprimer un soupir désabusé. Il avait déjà eu à gérer les affaires du royaume lorsque son souverain s'absentait, mais, désormais, plus rien ne serait plus pareil. Dan Azyrith ne reviendrait plus. Il était mort, tombé face à une jeune Mercenaire dont Valerian ignorait tout. Le second Fils de Dinak avait réussi de peu, avec le concours de la reine Alina Azyrith et de quelques Mercenaires, à empêcher une guerre totale entre sa patrie d'adoption et celle qui avait vu sa naissance. Dinak avait perdu son roi, Alina Azyrith son frère. Le conflit n'avait pas eu lieu, mais à quel prix?
Depuis tout allait de mal en pis dans le royaume du prince déchu. Certains des Fils de Dinak avaient refusé en bloc la paix avec Alsaria et s'évertuaient à mettre des bâtons dans les roues de Valerian. Ils n'osaient pas encore l'affronter directement, mais cela viendrait bien assez tôt. Les nobles, quand à eux, briguaient la couronne, cherchant à s'en emparer pour leur unique profit. Valerian ne les laisserait pas faire, mais il n'était qu'un régent provisoire, tôt ou tard la couronne de Dinak trouverait une nouvelle tête, si du moins le pays ne se désagrégeait pas entre temps. Des conflits intérieurs étaient à prévoir et Valerian savait qu'il ne pourrait tous les éviter. Il manquait de soutien, et cela finirait par être fatal à son gouvernement provisoire.

Il avait devant les yeux une liste de revendications d'un seigneur qui estimait avoir été lésé par le régime du roi et qui exigeait réparation. Ce charognard n'avait même pas attendu que le corps de son ancien monarque ait fini de refroidir pour se jeter sur son héritage comme un animal en rut sur sa femelle. Valerian broya le feuillet d'exaspération et le jeta au sommet d'une pile d'ordures du même ordre. Le Fils de Dinak se tourna vers l'un des scribes qui l'aidaient à abattre les corvées administratives. Ce dernier, maintenant habitué à ce petit manège, s'empara d'une feuille de parchemin vierge et s'apprêta à noter ce que son seigneur lui dicterait.


"Cher Marquis d'Arguean,

Permettez-moi tout d'abord de vous faire savoir à quel point votre sollicitude m'a touchée. Vos sincères condoléances ne seront pas oubliées et je suis sûr que le roi Azyrith lui-même en aurait été ému. Toutefois, je suis au regret de devoir refuser votre aimable proposition de prendre à votre charge les cinq mille hectares appartenant à la couronne qui jouxtent vos terres. Il se trouve que je gère parfaitement la situation et que je ne saurais vous affliger d'un tel fardeau. Comprenez bien qu'il ne s'agit là que d'un refus visant à veiller à vos propres intérêts. Il me semble évident que ce terrain conviendra parfaitement à quelques manœuvres militaires de l'armée visant à s'assurer que nul seigneur dissident ne songe à attaquer la capitale depuis le nord. Cette présence armée vous rassurera sans doute, vous qui avez tant à cœur la pérennité du royaume et qui vouez une fidélité sans bornes à la couronne. Je vous assure qu'il ne sera plus nécessaire de me faire part de vos délicates attentions. Si néanmoins, vous persistiez à m'envoyer d'autres missives de ce genre, je vous rendrai personnellement visite pour que nous puissions discuter, de Fils de Dinak à nobliau.

Avec mes salutation distinguées, Valerian Arzen, second Fils de Dinak et régent provisoire du royaume."


Le scribe termina de recopier la lettre avec un demi-sourire. Il avait perçu l'ironie du texte et les menaces qui l'accompagnaient. Avec ça le marquis se tiendrait à carreau, du moins pour un temps. Valerian s'apprêtait à aborder une autre missive quand l'intendant fit à nouveau irruption dans la pièce.

"Monseigneur, vous avez de la visite."
"Qui est ce?"
"Elle se fait appeler Ilyana, comtesse d'Hallanéliria."
"D'Hallanéliria? Le comté déchu? Laissez moi deviner, elle est venue récupérer ses terres et déposer sa liste de doléances?"
"Hé bien…pas vraiment: elle affirme avoir déjà récupéré ses terres et, d'après ce qu'elle dit, elle souhaiterait nous apporter son soutien."
"Vraiment? Intéressant…Continuez sans moi vous autres."

Lança Valerian aux scribes avant d'emboiter le pas de l'intendant.

*Voyons voir ce que cette comtesse veut vraiment…*

Ilyana faisait les cent pas dans la petite antichambre dans laquelle l’intendant lui avait demandé de patienter. Bien des choses avaient changé depuis la chute du roi Dan Azyrith. Profitant du chaos que la disparition du monarque avait suscité, Ilyana était retournée sur ses terres afin de se les approprier à nouveau. Son peuple l’avait accueillie à bras ouverts, ce qui n’avait pas été le cas du régent provisoire que la couronne avait mis en place depuis que la comtesse avait perdu ses privilèges. L’homme, plus un misérable nobliau qu’un militaire de carrière, avait paniqué devant la déchéance qui s’annonçait à lui. Terrorisé à l’idée de choir de son piédestal et d’avoir à répondre de ses actes il avait tenté d’assassiner la comtesse. A sa décharge, il était au moins mort les armes à la main… Les quelques membres de l’armée dinakienne en place, sans plus d’autorité à qui se vouer, avaient finalement préféré rejoindre le camp de la noble plutôt que d’avoir à se battre pour les dieux seuls savaient quoi. Respectant sa part du marché, qu’elle avait passé avec la Dominante Ciara Mefilena, Ilyana avait ouvert les frontières de son territoire aux Mercenaires qui pouvaient aller et venir sur ses terres sans crainte d’être inquiétés. Prouvant ainsi qu’elle était une femme de valeur, Ilyana espérait ainsi qu’elle pourrait compter sur leur aide inestimable si jamais la situation du royaume, déjà précaire, empirait jusqu’à dégénérer en guerre civile. Il restait maintenant à s’assurer des intentions du nouveau régent de Dinak, ce Valerian Arzen, membre des tristement célèbres Fils de Dinak. Cet homme de l’ombre, apparemment un ami prochain du roi défunt, s’était empressé de prendre les rennes du royaume lorsque son suzerain était mort. C’était lui qui avait signé la paix avec Alsaria et il était également la seule autorité qui empêchait encore les nobles de se lancer dans une guerre de succession. Les réformes qu’il avait entreprises depuis sa montée au pouvoir l’avaient plébiscité auprès du peuple mais rendu impopulaire aux yeux de nombre de seigneurs féodaux. Seule la crainte que son statut inspirait lui avait jusqu’à présent, évité les tentatives de coup d’état. Ilyana voulait se rendre compte par elle-même du caractère de cet homme car, elle en était persuadée, il serait l’un des acteurs majeurs du devenir de Dinak en ces heures sombres. C’est avec une profonde méfiance qu’elle entendait le juger, car il disposait pour le moment de la loyauté des armées de Dinak, ce qui comprenait les hommes qui avaient, il y a peu, juré de la servir. Si elle s’en faisait un ennemi, il lui faudrait épurer ses rangs pour éviter toute traîtrise et à se préparer à de longs et douloureux combats, politiques comme militaires…

Alors qu’elle s’interrogeait toujours sur la façon d’aborder la confrontation qui allait suivre, l’intendant fit de nouveau éruption dans l’antichambre.

- Le seigneur Arzen va vous recevoir. Il…
L’intendant allait poursuivre quand un jeune homme lui passa devant, lui intimant d’un geste de se retirer.
- Comtesse Ilyana d’Hallanéliria ?
fit le nouveau venu, l’air soudain dubitatif. Se pouvait il qu’il s’agisse de Valerian Arzen ? Ilyana ne parvenait pas à y croire. Elle s’était attendue à un colosse au regard d’acier assez redoutable pour faire fondre la confiance de ses interlocuteurs de part sa seule présence, et voilà qu’on lui servait un jeune homme à l’air à peine plus âgé qu’elle et au visage si fin et délicat qu’il en paraissait fragile ! Bien sûr, elle n’ignorait pas que les apparences pouvaient être trompeuses (n’en était elle pas elle-même la preuve ?), mais cela n’en diminua pas moins sa stupeur.
- C’est exact. Et vous êtes…
- Valerian Arzen, Fils de Dinak. Mais ne restons pas ici, nous serons bien plus à l’aise pour parler de ce qui vous amène ici dans le bureau royal. Si vous voulez bien me suivre…
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La réunion avait duré plusieurs heures. Valerian s’était sentit coupable de s’être absenté si longtemps en laissant les affaires du royaume aux mains de ses conseillers, mais il avait trop besoin d’alliés pour expédier une rencontre d’une telle importance. Il trouverait de toute façon bien le moyen de rattraper son retard sur ses heures de sommeil.
Valerian avait tout d’abord été surprit en rencontrant la comtesse. Il s’était attendu à trouver une dame de cour entourée de gardes du corps et de conseillers, mais il était tombé sur une jeune femme au caractère bien trempé équipée comme si elle s’apprêtait à partir en guerre. Tous deux avaient commencé par se jauger mutuellement, puis peu à peu rassurés par ce qu’ils découvraient, ils en étaient venus aux affaires sérieuses. La noble n’était effectivement pas venue déposer ses doléances, mais discuter de l’avenir de Dinak tel que l’envisageait son nouveau régent. Elle lui avait paru de nature raisonnable et ils étaient tombés d’accord sur de nombreux points. Valerian s’en était sortit avec la promesse d’une alliance qui lui permettrait de stabiliser son statut et peut être même de rallier quelques indécis à sa bannière. Bien sûr, rien n’avait encore été signé et il était dangereux de ne se fonder que sur un échange oral en matière de politique, mais la jeune femme lui avait paru suffisamment sincère pour qu’il ne doute pas de sa parole, dans l’immédiat en tout cas. C’est donc avec le sourire qu’il retourna à ses obligations. Quand on lui en demanda la raison, il répondit, décidé à ne pas évoquer son accord avec la comtesse avant qu’il soit proprement conclu, qu’il était toujours plaisant de passer un moment en compagnie d’une jolie jeune femme.

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A peine Ilyana avait elle quitté le château qu’elle s’était mise en route pour son fief. Cela faisait des années qu’elle n’avait plus mis les pieds à Criméa, mais plus longtemps encore qu’elle n’avait plus pris le temps de prendre un peu de repos dans la demeure de ses ancêtres. C’était donc sans tarder qu’elle s’était remise en route, déclinant la proposition de Valerian de prendre une chambre au palais si elle en avait ressenti le désir. Ilyana était plutôt satisfaite de l’issue de cette rencontre. Elle était arrivée en se disant qu’elle devait “garder ses amis à ses côtés et ses ennemis plus proches encore”, et voilà qu’elle repartait en se disant qu’elle n’aurait finalement pas à garder ce Fils de Dinak si proche d’elle que cela. Cet homme l’avait intriguée. Malgré son apparence frêle, il dégageait une aura d’autorité et d’assurance d’autant plus remarquable qu’elle était bien plus subtile que celle inspirée par la force brute. Son regard était précis, incisif ce qui en disait long sur ses capacités à se défendre. Il l’avait d’ailleurs reçu sans gardes du corps, ne craignant même pas l’éventualité d’avoir à faire à une tentative d’assassinat. Un combattant moins expérimenté aurait pu prendre cela pour de la négligence, mais Ilyana avait senti qu’il n’en était rien. Le plus surprenant dans tout cela était son idéalisme. La comtesse avait tout d’abord cru que les réformes lancées par le régent n’étaient que des manœuvres politiques destinées à dissimuler ses véritables plans, mais il n’en était rien. C’était donc le cœur plus léger que la jeune noble rentrait au pays, seule, quand bien même il avait insisté pour lui fournir une escorte sur le chemin du retour.
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Durant les mois qui suivirent, Ilyana multiplia les voyages à Criméa, tout d’abord pour sceller l’alliance que s’étaient promise le régent et la comtesse, puis pour participer à des réunions politiques et stratégiques visant à stabiliser le pays et à étouffer dans l’œuf les dernières velléités de prise de pouvoir des nobles les plus farouchement ambitieux, et enfin pour des raisons autrement plus personnelles. En effet, au fil de leurs rencontres successives, les deux jeunes gens avaient fini par nouer des liens, d’amitié d’abord, qui se muèrent peu à peu en un début d’histoire.
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Valerian étouffa un bâillement, alors que la fatigue se ruait une nouvelle fois à l’attaque de son corps éreinté. Il avait encore une fois cédé à son habituel travers consistant à sacrifier ses maigres heures de sommeil pour tenter de se débarrasser d’une partie de la pile de rapports qui s’entassaient inlassablement sur son bureau. Ses aides lui avaient plusieurs fois suggéré de ne pas trop en faire, mais Valerian avait tendance à se dire que travailler quelques minutes de plus ne pouvait pas lui faire grand mal, or, ces quelques minutes se changeaient régulièrement en de longues heures qui l’amenaient à ne s’arrêter qu’une fois que ses yeux commençaient à le trahir, bien longtemps après que le soleil se soit couché. Le Fils de Dinak rangea sa plume après l’avoir soigneusement nettoyée puis s’étira sur sa chaise avant de se lever en s’emparant du candélabre qui lui avait jusque là fourni à peine assez de lumière pour qu’il puisse lire correctement les documents amassés en face de lui. Il ne restait plus sur le réceptacle qu’une malheureuse petite tour de cire à peine plus haute qu’une phalange. Alors qu’il se dirigeait vers la porte, il entendit un bruit de course dans le couloir qui s’étendait de l’autre côté. Le Fils de Dinak n’avait pas fait deux pas que l’on frappait au battant. Valerian ouvrit pour se trouver face à un domestique essoufflé.
- Monseigneur ! Une dame elfe demande à vous voir. Elle prétend que c’est urgent et dit s’appeler Maëlanne.
La fatigue de Valerian fut balayée en un instant lorsqu’il entendit ce nom.
- Conduis moi à elle, et vite !
Le page hocha la tête et repartit en trombe, talonné par Valerian. Maëlanne avait toujours été proche de Dan, à tel point que ceux qui avaient vraiment connu le roi soupçonnaient qu’il s’était passé quelque chose entre eux. Valerian n’avait jamais beaucoup apprécié l’elfe, la trouvant dangereuse du fait de l’influence qu’elle aurait pu avoir sur le souverain et du désir de vengeance qu’elle aurait pu nourrir à son égard. Après tout, n’était il pas celui qui avait déclenché la campagne qui avait décimé les siens ? Toutefois, il l’avait toujours tolérée car elle offrait à son seigneur une occasion de se libérer de temps en temps du carcan du pouvoir et lui rappelait qu’il était un homme avant d’être un roi. Quoique ces petites escapades avaient des fois été assez longues pour obliger Valerian à gérer le royaume en l’absence de Dan, une sorte de mise en bouche par rapport à ce qui lui était soudainement tombé dessus près de huit mois auparavant…
Lorsqu’ils arrivèrent devant l’elfe, Valerian congédia le page, l’autorisant à terminer son service plus tôt que prévu. Maëlanne était recouverte d’un châle particulièrement ample, mais Valerian reconnut sans mal son visage, éclairé par les torches disposées dans la pièce.

- Alors c’était vrai… Je ne pensais pas te revoir un jour ici. Tu as disparu bien vite quand notre roi est mort.
- Je le devais. Après sa disparition je ne pouvais plus être sûre d’être en sécurité ici. Je l’ai pleuré, Valerian, quoi que tu puisses penser de moi sache que je l’aimais sincèrement !
- Et quoi que tu puisses penser de moi, je t’aurais protégée si tu étais restée… Mais tu n’es pas là pour me parler de cela, n’est ce pas ?
- Tu as raison, je suis ici pour te demander une faveur…une immense faveur.
Maëlanne releva une partie de son châle, révélant une petite forme enroulée dans un lange.
- C’est à cause de lui que je me suis enfuie. Il est de Dan. Il s’appelle Faylen. Tu étais le plus proche ami de son père, alors je te demande, je te supplie de l’élever et de le protéger. Dis-lui la vérité sur son père. Tu sais comme moi qui il était vraiment. Je n’y arriverai pas seule… Je ne peux pas…
Des larmes roulaient sur les joues de l’elfe. Dans ses yeux, Valerian pouvait aisément lire une douleur indescriptible qui, il le savait, n’était pas feinte. Un profond sentiment de compassion submergea le jeune homme. Il n’avait pas réalisé… Sans doute Dan n’avait il même jamais été au courant qu’il allait être père. Il était mort en laissant un orphelin derrière lui sans même être conscient que sa lignée perdurerait. Maëlanne avait eu raison de fuir. Si la naissance du petit s’était sue, il n’aurait jamais pu grandir en paix car les hommes attribuent souvent aux fils les méfaits de leurs pères. Maintenant elle allait devoir disparaître car si on la voyait en présence du bébé alors la rumeur se répandrait. Pour le bien de son propre fils, elle se devait de l’abandonner et cela lui déchirait le cœur. Valerian prit délicatement l’enfant assoupi dans ses bras et plongea son regard dans celui de l’elfe.
- Je te jure de l’aimer et le protéger comme si c’était mon fils. Un jour, quand il sera en âge de comprendre, je lui dirai qui était son père, qui il était vraiment. Et je lui dirai combien sa mère l’aimait. Je lui parlerai de ton courage et de ton sacrifice. Je ferai en sorte qu’il soit fier d’avoir eu de tels parents et qu’il vive en paix avec lui-même. Sur mon sang et sur ma vie, je le jure.
- Merci Valerian. Tu es le seul en qui j’ai encore confiance. Je n’oublierai pas ce que tu as fait.
déclara Maëlanne, un sourire reconnaissant sur les lèvres. Elle se pencha un instant sur le nourrisson que Valerian serrait contre lui et lui embrassa tendrement le front. Puis, sans un mot, elle tourna les talons et s’en fut. Valerian sut qu’il ne la reverrait jamais.
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Tenant sa promesse, Valerian s’occupa de Faylen comme s’il était son propre fils, même si ses obligations l’empêchaient d’être aussi présent qu’il l’aurait voulu pour l’héritier de son ami. Au bout de quelques mois, il demanda à Ilyana, à l’occasion d’une de ses visites, si elle pouvait le prendre sous son aile. Cette dernière accepta à deux conditions : premièrement que leur union soit officialisée, et secondement qu’il promette de passer régulièrement les voir. Deux conditions auxquelles Valerian se plia avec joie. Ainsi le Fils de Dinak et la comtesse se marièrent ils avant d’officialiser la naissance de Faylen, qu’ils présentèrent comme leur fils.

Environ quatre ans plus tard naquit Celeth leur premier et unique enfant biologique. Durant les premières années de la vie de son fils, Valerian fit en sorte de se montrer le plus présent possible, malgré ses obligations. Les parents de Celeth tentèrent néanmoins de se montrer équitables avec Faylen, qu’ils aimèrent également comme s’il était de leur sang. Les deux frères apprirent donc à vivre ensemble en harmonie, sans rancœur ni jalousie l’un envers l’autre. Ils devinrent même très vite complices et Celeth se mit à regarder son grand frère avec admiration tandis que ce dernier lui apportait affection et leçons de vie. Cette période idyllique devait cependant bien vite prendre fin…

En effet, furieux de leur manque de succès dans leur projet de déstabilisation de la régence de Valerian, Aegnor Mormegil, le dernier des Fils de Dinak qui s’opposait à lui, et les disciples qu’il avait formés, décidèrent de le menacer sur un autre terrain que la politique. Pour lui reprendre le pouvoir, ils iraient jusqu’à s’en prendre à sa famille. N’osant pas agir en personne, de peur de sévères représailles, ils employèrent les services d’assassins qui prirent la route du comté d’Hallanéliria.

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Celeth n’arrivait pas à dormir. La nuit était trop fraîche pour qu’il parvienne à fermer l’œil malgré l’épaisse couverture de plumes d’oie qu’il avait remonté jusqu’à son menton. Le jeune garçon passait son temps à se retourner dans le lit, cherchant une position à la fois confortable et qui lui permette de conserver autant que possible la chaleur des draps. La pièce était close, mais Celeth avait l’impression qu’un courant d’air s’insinuait malgré tout dans le large espace, allant jusqu’à mettre à mal l’ultime rempart que formait le baldaquin de son lit. C’est alors que retentit un bruit qui le fit s’immobiliser. Ce bruit ressemblait à celui de verre que l’on brise, quoiqu’assez étouffé et semblait venir de la fenêtre. Fenêtre qui n’avait pour but que de laisser passer un peu de lumière de jour, fenêtre qui n’avait même jamais été prévue pour être ouverte, fenêtre normalement inaccessible située aux deux tiers de la hauteur du donjon…
Le bruit de bris de verre fut suivi de ce qui ressemblait fort à un froissement d’étoffe et du claquement sourd de semelles de bottes frappant le sol de pierre. Avec mille précautions, Celeth se glissa hors de son lit du côté opposé au mur où trônait l’ouverture. A peine s’était il faufilé à l’extérieur qu’il entendit derrière lui le lourd rideau être déplacé. Un juron fila dans l’obscurité. Quel qu’ait été l’individu qui se trouvait de l’autre côté du lit, il ne s’était pas attendu à trouver ce dernier vide. Celeth, les entrailles serrées par la peur aurait voulu se figer sur place, fermer les yeux et attendre que l’intrus reparte, tout en sachant pertinemment que son espoir était utopique. L’homme n’avait sûrement pas pris le risque d’escalader la tour jusqu’à cette hauteur malgré les rondes des gardes pour repartir bredouille. De plus il lui suffisait de faire le tour du lit et… Celeth préféra ne pas imaginer la suite pour s’éviter de crier. S’il le faisait, des gardes accourraient sûrement, mais l’intrus aussi et il était infiniment plus près du garçon qu’eux. Celeth aurait pu courir vers la porte, mais le temps de l’ouvrir, il aurait eu vite fait d’être rattrapé…
Alors qu’il s’interrogeait encore sur la marche à suivre, avec le reste de lucidité que ses terreurs enfantines n’avaient pas encore oblitéré, Celeth sentit plus qu’il ne vit le rideau du lit bouger juste derrière lui. Le garçon se jeta en avant alors qu’une main gantée se refermait sur l’endroit où il s’était trouvé la seconde d’avant. Emporté par son élan, le garçon trébucha et s’étala de tout son long. Se retournant pour se relever, il aperçut un homme vêtu de noir de la tête aux pieds, l’acier d’une dague dépassant de son poing droit. Avant qu’il ait pu esquisser le moindre geste, l’homme avait déjà sauté à terre et s’apprêtait à s’emparer de lui. La porte s’ouvrit alors avec fracas, révélant la silhouette familière de son père, Valerian. La scène parut se figer tandis que le Fils de Dinak plongeait son regard dans celui, stupéfait, de l’intrus. Ce regard, Celeth ne l’oublia jamais. Ce fut la première et la seule fois qu’il vit son père dans un tel état de rage. C’est la froideur de cette ire qui marqua le plus Celeth. Son père ne hurla pas, il ne montra pas un visage déformé par la colère. Sa rage grondait sous la surface, parfaitement maîtrisée, ne s’exprimant qu’au travers d’un regard à la noirceur telle que Celeth ne put réprimer un frisson. En cet instant, il ne reconnaissait plus le père aimant et attentionné qu’il avait toujours adoré. En cet instant, son propre père le terrifiait plus encore que l’intrus. Sans un mot, le Fils de Dinak et l’assassin s’élancèrent. L’échange fut rapide et l’intrus s’écroula bientôt dans une mare de son propre sang. Valerian le contempla un instant, s’assurant qu’il était bien mort, puis se retourna vers Celeth. A nouveau métamorphosé, il était redevenu le père souriant. Il demanda à Celeth si tout allait bien, s’il n’avait pas été blessé, tentant de se montrer rassurant. Puis il entraîna son fils dans le couloir pour lui éviter d’avoir trop longtemps à fixer le cadavre. Quand ils furent sortis de la pièce, Celeth se rendit enfin compte que le château était en ébullition. Des gardes courraient, fouillant chaque couloir à la recherche d’autres intrus. Bientôt, sa mère et Faylen firent leur apparition. L’inquiétude qui pouvait se lire sur leur visage s’évanouit aussitôt qu’ils constatèrent que Celeth était en bonne santé. Le jeune garçon l’apprendrait plus tard, cette nuit là une dizaine d’assassins avaient investit le donjon déterminés à s’en prendre à leur famille. Ils ne firent heureusement que peu de dégâts, mais il fut impossible d’en capturer un vivant. Ainsi donc leurs commanditaires étaient ils restés anonyme. Ce jour là, après la peur qu’il avait ressentit devant la colère de son père, quand bien même elle n’avait pas été dirigée à son encontre, Celeth décida que les sentiments étaient fait pour être exprimés. Son caractère se fit donc de plus en plus franc et impulsif au grand dam de ses parents qui n’en comprirent jamais la raison. Faylen, lui, sembla accepter ce singulier trait de caractère avec bonheur. Avoir un petit frère qui avait les tripes de se comporter comme son égal plutôt que de lui coller aux basques lui paraissant nettement plus amusant. Leurs liens n’en furent que renforcés et ils furent bientôt si proches qu’on les eut pris pour des jumeaux si leur différence d’âge avait été moindre.

Cette nuit n’influença pas uniquement le jeune Celeth. En effet, son père, ayant comprit le message, renonça à son poste de régent de crainte de ne pouvoir protéger les siens depuis Criméa. Sautant sur l’occasion, Aegnor Mormegil et ses disciples s’emparèrent du pouvoir signant ainsi négligemment la preuve de leur culpabilité dans la tentative d’attentat avortée. Refusant néanmoins d’abandonner le terrain politique à ces vautours sans scrupules, Valerian et Ilyana réunirent bientôt l’opposition à la nouvelle régence autour du comté d’Hallanéliria. N’ayant pas les moyens de se lancer dans une campagne militaire d’une envergure suffisante pour les faire taire, les nouveaux Fils de Dinak se contentèrent de les ignorer. Ainsi s’installa le statut quo.

Dès que Celeth fut en âge de porter une épée, ou tout du moins d’en soulever une assez longtemps, ses parents entreprirent de le former au combat. Tous deux le savaient, tant que les Fils de Dinak de Mormegil existeraient, leur famille ne serait jamais totalement en sécurité. Il valait mieux donc que chacun de ses membres soit en mesure de se défendre efficacement en cas d’attaque. Ce fut le début d’une petite compétition entre eux, chacun tentant d’attirer l’intérêt de leur fils sur ses propres techniques de combat. Si Celeth était ravi d’être le centre de leur attention, tout comme Faylen l’avait été à son âge, il mit du temps à comprendre leur petit manège. Se montrant équitable pour que les petites taquineries que s’échangeaient ses parents ne débouchent au pire que sur une moue boudeuse de l’un ou de l’autre, il finit par adopter le style de combat à deux lames de sa mère ainsi que la technique de combat à l’aveugle de son père et sa pratique au lancer de couteaux.

__________________

Celeth se laissa tomber à la renverse sur son lit, son soupire exténué se muant en expression de contentement quand il sentit la douceur de ses draps l’accueillir. Quand il terminait ses exercices journaliers, il venait toujours se reposer dans sa chambre. Le calme qui y régnait en permanence l’apaisait et son matelas moelleux l’aidait, un temps du moins, à oublier les contusions qu’il récoltait en se battant contre ses maîtres d’armes de parents.
- Alors ?
Celeth releva la tête et se mit à sourire en reconnaissant Faylen sur le pas de sa porte. Son grand frère, d’un peu moins de cinq ans son ainé, venait d’atteindre sa vingtième année. Cela faisait quatre ans que tous deux étaient au courant qu’ils n’étaient pas réellement liés par le sang, mais cela n’avait pas affecté leur relation. Quand Faylen avait eu seize ans, Valerian l’avait pris à part et lui avait révélé sa véritable ascendance. Fils de Dan Azyrith et de l’elfe Maëlanne, Faylen n’avait jamais été qu’adopté par Valerian et Ilyana. Apprendre ainsi que ceux qui l’avaient élevé n’étaient pas ses parents biologiques et, pire encore, qu’il était l’héritier légitime de la couronne de Dinak, l’avait passablement secoué. Remarquant son trouble, Celeth l’avait harcelé de questions jusqu’à ce qu’il le lui avoue. Douché par la révélation de son grand frère, Celeth avait tout fait pour lui remonter le moral, tout en lui faisant comprendre qu’ils seraient toujours des frères de cœur à défaut d’être des frères de sang. Depuis ce jour Celeth s’était juré de faire tomber les Fils de Dinak qui avaient osé s’en prendre aux siens et d’ainsi pouvoir faire monter Faylen sur le trône qui lui était dû.
- J’ai réussi à parer la majorité des assauts de père aujourd’hui. Je suis même sûr d’avoir failli le toucher à trois reprises malgré le bandeau !
Faylen esquissa un sourire devant l’enthousiasme communicatif de Celeth.
- C’est vraiment votre truc ça, hein… Je n’ai jamais compris comment vous pouviez vous battre ainsi à l’aveuglette.
- Moi non plus au début, mais il a bien fallu que je m’y mette après avoir choisi de suivre les cours de mère, sinon il se serait vexé… Franchement des fois c’est à se demander lesquels d’entre nous sont les enfants.
- C’est bien vrai, mais ce n’est pas désagréable. Tu te rendras bien assez vite compte par toi-même à quel point certains nobles peuvent se montrer ennuyeux. Franchement, j’en ai par-dessus la tête de leur protocole.
- Je commence à m’en faire une idée avec tous ces cours d’étiquette que l’on m’impose entre deux entraînements. Je n’ai presque plus de temps pour moi !
- Et tu en auras encore moins quand tu auras mon âge.

trancha un Faylen désabusé. Celeth répondit à ce constat fataliste par une grimace dépitée. Des fois il lui arrivait de se demander si les privilèges de sa noble naissance valaient bien le coût des responsabilités qui allaient avec. Mais après tout qui était-il pour s’en plaindre ? Le monde tournait ainsi depuis des millénaires et il n’avait pas pour vocation de changer cet état de fait.
- Alors, quelles sont les nouvelles hors du comté ?
- Les Imposteurs
(C’était ainsi que Faylen et Celeth nommaient Mormegil et ses sbires en privé) se tiennent à peu près tranquilles pour le moment, Ellandy s’en tient à son commerce, comme d’habitude. Alsaria en revanche est en plein bouleversement. La reine Alina est morte… Son fils Erwan va lui succéder. Je me méfie de lui. Il ne l’avouera jamais mais je suis persuadé qu’il tient à rattacher Dinak à son royaume.
Celeth, qui avait sursauté à la nouvelle de la mort de la reine, se releva l’air soudain plus sérieux. Il avait connu Alina et ses enfants à l’époque où son père régissait encore Dinak. Lors de certaines de ses visites diplomatiques Valerian avait emmené Celeth et Faylen à ses côté jugeant qu’ils seraient plus en sécurité avec lui à Dénaros que seuls dans leur foyer. Les deux garçons avaient côtoyé à de brèves reprises Erwan, sa sœur Eléanor et leur amie Laena. Le moins que l’on puisse dire était qu’Erwan et eux n’avaient jamais vraiment eu d’atomes crochus.
- Erwan… Les choses risquent de se compliquer.
- Rassure-toi, il doit pour l’instant se faire accepter de son peuple. Il ne se lancera pas dans une guerre avant d’être certain d’avoir son appui. Et une campagne militaire de cette envergure exige une longue période de préparation. Nous avons au bas mot une bonne demi-douzaine d’années devant nous avant qu’il puisse concrétiser son projet, si tant est que ce soit vraiment son but.
- Alors c’est le temps dont nous disposons pour te faire monter sur le trône de Dinak. La couronne te revenant de manière légitime, il aurait plus de réserve à attaquer, surtout que les Mercenaires seraient tenus de l’en empêcher d’après leur code. Et puis le pouvoir reviendrait dans la famille après tout, je suis sûr qu’il considérerait cela. On peut dire ce que l’on veut à son propos, mais je ne pense pas que ce soit un imbécile.

Faylen fit une moue admirative devant l’analyse de son frère.
- Hé bien, on dirait que ne perds pas ton temps quand je ne suis pas là. Je ne savais pas que tu avais progressé à ce point en géopolitique.
- Crois le ou non, mais cela fait un moment que je n’ai plus besoin que tu me berce…
- Oh, fort bien. Je peux repartir dès ce soir alors vu que tu n’as plus besoin de mon expérience.
- Rahh ! Tu sais très bien ce que je voulais dire.

ragea Celeth ce qui sembla beaucoup amuser son frère. Les deux jeunes gens continuèrent à s’envoyer joyeusement des piques jusqu’à ce qu’un domestique ne leur signale qu’on les attendait pour dîner.
__________________

Durant les cinq années qui suivirent Celeth poursuivit sa formation, autant au combat qu’aux usages de l’étiquette et de la diplomatie. Il fut bientôt en âge de participer aux réceptions et aux manœuvres politiques. Comme l’avait prédit Faylen, le jeune homme se sentit de plus en plus accaparé par ses obligations. On le présentait comme le futur héritier du comté, et, lorsque les gens s’étonnaient que ce titre lui revienne plutôt qu’à son aîné, il assurait que Faylen avait décidé lui-même de lui laisser cette charge mais omettait bien sûr de préciser que cette décision s’appuyait également sur les liens du sang. Chacun de ses actes pouvant avoir de sérieuses conséquence en société, Celeth fut bien obligé de tempérer un peu son caractère pour se plier au protocole, ce qui n’empêcha cependant pas quelques légers dérapages. Le plus grave d’entre eux se termina par un duel entre lui et le marquis d’Anibourg, un noble favorable au régime en place. Si le combat se termina sans effusion de sang, le marquis, lui, ne s’en sortit pas sans une sévère humiliation dont il jura de se venger un jour. Etant en âge de prendre son indépendance et d’assumer pleinement son rôle de noble, Celeth se vit offrir par ses parents une parcelle du comté en attendant de prendre la succession, tout comme Faylen en avait reçu une quelques années auparavant. Le jeune homme investit une place forte de la région qu’il fit aménager pour sa résidence. Son arrivée ne changea guère les habitudes de vie des hallanéliriens qui vivaient là, et ses nouveaux sujets accueillirent favorablement leur nouveau maître.
__________________

A peine eut il sauté de selle que Celeth s’engagea à grands pas dans le hall du château. Il était de retour à Puivel pour la première fois depuis plus de six mois, répondant à un appel urgent de sa mère. Le ton du message qu’il avait reçu lui avait paru si pressant qu’il avait à peine pris le temps de s’entourer d’une escorte pour se déplacer. Les dix hommes commandés par le capitaine Ryvan avaient dû chevaucher à bride abattue pour rester à hauteur du vicomte. Ils s’apprêtaient à le suivre dans le donjon de la comtesse quand il les congédia, leur intimant de prendre du repos, de se dégoter un repas et de se tenir prêts à repartir s’il l’exigeait. Ses gardes du corps partis en direction des cuisines, Celeth se dirigea vers la salle de réception où l’attendaient certainement ses parents. Ils avaient dû être informés de son arrivée dès que ses cavaliers et lui s’étaient présentés au bas de la colline escarpée que surplombait la forteresse. Le temps qu’il grimpe la route à paliers abrupte, seule voie d’accès au château, ils s’étaient probablement préparés à le recevoir. Son hypothèse lui fut confirmée dès qu’il passa les portes de la grande salle quand il aperçu leurs visages. Celeth et ses parents échangèrent un sourire en guise de retrouvailles, mais le jeune homme savait qu’ils l’avaient appelé pour une affaire d’importance. Ils se réjouiraient plus tard.
- Nous ne t’attendions pas de si bonne heure.
- Je suis parti dès réception de votre message. Cela m’avait l’air urgent.
- Si nous t’avons fait venir, c’est que nous avons appris qu’une tentative d’assassinat avait été perpétrée à l’encontre du roi Ibadric Joysword d’Ellandy. Son fils est porté disparu. Et, selon les rumeurs, la couronne d’Alsaria pourrait également être prochainement la cible d’un attentat.
Celeth blémit à l’évocation de ces nouvelles.
- Une manœuvre de Mormegil ?
- Rien ne permet de le penser à l’heure actuelle. Mormegil n’a pas intérêt à s’attirer les foudres d’Alsaria pour le moment. De plus, il n’est même pas certain que ces évènements soient liés.
- Néanmoins, nous voudrions que tu nous représente à la cour dénarienne afin d’assurer au roi Erwan que nous serons prêts à l’aider si il le désire, en mémoire de sa mère Alina.
- Nous avons également prévenu Faylen, mais j’ignore dans combien de temps il pourra répondre à notre appel. Il te rejoindra peut être en route, mais il serait peut être préférable qu’il reste ici pour le moment. Si sa véritable ascendance venait à être découverte à l’heure actuelle, il pourrait être accusé d’être l’auteur de la machination simplement à cause du nom de son père.
- Faylen ne ferait jamais une chose pareille !
- Nul besoin de t’en indigner devant nous, mon fils. Nous savons bien que Faylen n’est pour rien dans ces troubles, mais force est de reconnaître qu’il ferait un parfait bouc émissaire pour ceux qui sont derrière tout cela.
- Quoiqu’il en soit, nous le laisserons en décider. Faylen est à même de prendre soin de lui par lui-même.
- Je préviens mes hommes immédiatement. Nous nous mettrons en route au plus vite.
- Vous avez déjà bien assez chevauché pour aujourd’hui. Vos montures sont sûrement épuisées. Tu ne gagnerais rien à repartir de suite. Reste donc avec nous ce soir. Cela fait des mois que nous ne t’avons plus vu. Laisse-nous profiter de notre fils au moins une soirée, veux-tu ? Je fais préparer ta chambre pour la nuit.

Se rendant à l’évidence, Celeth accepta la proposition de sa mère de bon cœur. Le lendemain, Faylen n’étant toujours pas arrivé, Celeth reprit le chemin de son domaine avec son escorte. Cette dernière enfla d’une centaine d’hommes avant qu’ils repartent en direction de Dénaros la blanche. Cela faisait plus de dix ans que Celeth n’avait plus posé les yeux sur la capitale et ses merveilles d’architecture. Malgré le caractère grave de sa mission, le jeune homme se réjouit à l’idée de revoir la cité qui l’avait toujours émerveillé. En cheminant, il se demanda à quel point les enfants d’Alina avaient pu changer depuis. Celeth n’avait pas eu conscience qu’ils étaient cousins de Faylen à l’époque de leur rencontre. Nul doute que cela lui ferait bizarre de les revoir en sachant cela…

IV – Le joueur


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Comment as-tu connu le forum ? Réponse a) Grâce à une inspiration divine / Réponse b) Sans doute parce que j'ai joué sur la première version… / Réponse c) Lors d'une séance d'anthropomancie / Réponse d) La réponse d)
Euh…. Je vais demander l'avis du public, Jean-Pierre!
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Celeth Arzen
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MessageSujet: Re: Celeth Arzen   Ven 22 Avr - 6:33

Je me permets de faire un double post pour signaler à mes très chers admins que ma fiche est terminée. N'hésitez pas à supprimer ce message une fois que vous aurez lu ma fiche ^^
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Eleanor Azyrith
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MessageSujet: Re: Celeth Arzen   Ven 22 Avr - 18:59

Okay chef !! Voilà une histoire rondement bien menée ! =P Je te félicite, et te valide par la même occasion !! Vivement un petit rp avec toi !!!! ^^
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MessageSujet: Re: Celeth Arzen   Aujourd'hui à 0:04

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Celeth Arzen

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