Tosya Renaissance

Le monde Tosya, au cours de la troisième Ère, ving-cinq ans après la montée en puissance du Roi de Dinak, Dan Azyrith, le traitre d'Alsaria.
 

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Malice Daiina

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Malice Daiina






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Date d'inscription : 26/02/2011
Age : 23


MessageSujet: Malice Daiina   Jeu 3 Mar - 10:05

MALICE DAIINA



I - Identité

Nom : Daiina
Prénom : Malice
Sexe : Féminin
Age : 21 ans
Origine : Même si elle ne sait pas d'où elle vient réellement, elle sait avoir été adoptée dans la capitale de Dinak.
Métier/rang social : Il est compliqué de répondre à cette question, tant Malice a exercé de métiers dans sa courte existence: De mendiante lors de sa petite enfance elle devint guide rurale, (trans)porteuse de courrier, conteuse, scribe, voleuse et même philosophe à ses heures perdues.
Actuellement, elle parcourt la contrée de Dinak à la recherche d'un travail.

II - Le personnage


Physique : D'assez petite taille, Malice possède de longs cheveux dont les couleurs varient au gré de ses envies (et des teintures chères qu'elle s'achète à prix d'or). Récemment, une mauvaise expérience a teint ses cheveux de mèches variées, créant un mélange entre son brun d'origine et quelques mèches rouges, blondes et indigo. Ses yeux sont d'un bleu glacé. Le visage de Malice est fin et lorsqu'elle est heureuse peut s'illuminer d'un seul sourire. Ses lèvres d'un rouge naturel lui donne un air séduisant, faisant presque oublier l'impression d'avoir affaire à une enfant excentrique. Cela se remarque plus à son habillement: vêtue de tenues plus extravagantes les unes que les autres, la jeune voleuse mélange à son gré foulards, robes, gants et autres accessoires. Sa tenue préférée est une robe lie-de-vin dotée d'un corset vert, le tout assorti par des bijoux de pacotille. Mais l'accessoire qui ne quitte jamais Malice - son préféré - est un haut de forme en cuir rapiécé qu'elle a déniché dans un marché.
Sa démarche est légère et agile.

Equipement : Malice ne quitte jamais Désespérance, son poignard (et d'ailleurs la seule arme blanche dont elle sait se servir).
Caractère : Il aurait été ironie que le nom de Malice ne lui convienne pas, mais la nature fit bien les choses: la jeune orpheline manifesta très tôt une attirance profonde pour le jeu, les déguisements et les arts. En apparence inconstante et étrange, son comportement peut sembler puéril au premier abord, mais qui connaît Malice sait que derrière cette attitude insouciante se cache une personne mélancolique, loyale et profondément réfléchie.
Ayant côtoyé la folie de très près, la jeune femme a dû remettre plusieurs fois en question ces certitudes: d'ailleurs lorsqu'elle mène à terme une réflexion, elle n'hésite pas à faire part de son avis à qui veut l'entendre (et même parfois à sermonner ceux qui ne lui ont rien demandé). Cette manie a valut bien des ennuis.
Curieuse et compétente, elle sait s'adapter aussi bien en milieu rural qu'en ville. Par contre, elle n'aime pas les profondeurs et éprouve une vive inquiétude en vue d'une étendue d'eau. Son sens de la morale est flexible, ce qui lui fait parfois commettre des actes répréhensibles (lire le courrier de ses employeurs en est un des nombreux exemples). Globalement, son comportement ressemble à celui d'une enfant: Franche, sensible et vive, Malice ne fait pas ses 21 ans.
Petit détail amusant: Lorsque Malice gagne un peu d'argent, elle file le dépenser dans des salons de jeux.

Talents : Sa longue expérience dans les rues a fait de Malice quelqu'un de très vif, rapide et indépendant: Elle sait se contenter de peu, voler un objet et filer sans se faire remarquer, ou encore prononcer avec éloquence des discours qui charment (parfois) les passants. Sa mère adoptive lui a apprit également à lire et à écrire. Habile de ses mains, Malice sait (tant bien que mal) sculpter de petits objets et inventer des histoires qui - bien qu'étrangement glauques - savent gagner le coeur de ses auditeurs.
La jeune femme possède également le don de savoir se battre, avec des objets... contondants. Elle n'a jamais tenu plus qu'un simple poignard en main, mais a accumulé une grande expérience du "combat improvisé".
Particularités : Deux cicatrices, datant de son enfance, courent de ses omoplates jusqu'au centre de son dos.

III – Histoire


I - Enfance

L'enfant, sale et famélique, courait de toutes ses forces sous la pluie battante.
Les ruelles se succédaient à une grande vitesse sous ses pas alors que, les poumons en feu, elle se demandait si elle allait pouvoir tenir le coup encore longtemps. Elle jeta un regard derrière elle et aperçut avec désespoir que ses poursuivants ne s'étaient pas arrêtés. Pourquoi l'avaient-ils prise en chasse? Que lui voulaient-ils... ? L'enfant ne savait pas, elle ne savait plus...
Puis soudain, un obstacle. Percutant un chat - ou une autre créature nocturne - la gamine s'étala de tout son long sur le sol râpeux. Sans réfléchir, elle tenta de se relever mais la douleur lui fit mettre un genoux à terre. Alors serrant contre elle l'objet de son délit, elle se mit à prier les divinités qu'elle avait aperçue, représentées milles fois dans les temples des villes.
-On te retrouve enfin...
Des bruits de pas, des éclats de voix alors qu'ils l'encerclaient. L'enfant se rappela soudainement pourquoi elle était là, et ce qu'elle avait volé...
Cette famille d'artisan vivait de la fabrique d'objets qu'ils vendaient aux enfants plus riches qu'elle. Ce n'était pas la première fois qu'elle les volait, mais c'était la première fois qu'elle se faisait prendre... Paniquée, elle serra plus fort la poupée dans ses bras alors qu'une main puissante la forçait à se lever.
-On a affaire à une petite voleuse, on dirait! Fit une voix narquoise et suffisante. La gamine jeta un regard à l'adolescent qui venait de parler et elle reconnût le fils de l'artisan. Même si elle respectait profondément cette famille, elle savait comment était traité le vol à Criméa.
-Alors... qu'est-ce que tu nous as pris?
Avant qu'elle ne puisse prononcer un mot, la poupée lui fût enlevée. Sans s'émouvoir, le fils de son créateur poussa un profond soupir. L'enfant jeta un regard autour d'elle. Ils étaient quatre, presque du même âge que lui.
-Je... je suis désolée... murmura-t-elle d'une voix à peine audible. L'adolescent s'accroupit face à elle.
-Ah bon? Et tu penses que cela changera quelque chose à ta peine?
-Je... je...
Sur le visage de la fillette, les larmes se mêlaient à la pluie. Quelque chose en elle s'était mis à crier fort. Quelque chose lui criait qu'ils ne la laisseraient pas partir comme ça.
-S'il... s'il vous plaît, ne me faites pas de mal...
Elle fût jetée à terre si violemment que son souffle en fût coupé. Puis elle entendit des rires et à nouveau on la força à se relever. Morte de peur, incapable de réagir, elle fit face à un de ses quatre poursuivants.
-Alors... qu'est-ce qu'on va te faire, maintenant qu'on sait ce que tu as fait?
-Je... je vous en supplie...
Elle sentit ses jambes se dérober sous elle en voyant que l'un d'entre eux avait sorti une lame.
-Tu es très mignonne, tu sais...? Trop, même...
"Il faut que je bouge. Il faut que je courre. Mais rien ne vient, je suis trop faible, je tremble trop alors qu'il s'approche. Pourquoi mes forces m'ont abandonnée? Suis-je donc aussi... lâche?"
Alors le fils de l'artisan pose le plat de sa lame sur sa joue, et l'enfant ressent son contact froid.
Et l'enfant ressent...


"Je vois ses yeux s'écarquiller alors qu'un bruit étrange se fait entendre. Il était accroupi, il s'écroule désormais au sol. Derrière lui se tient une ombre, un ange de la mort. Les trois autres ont crié, un d'entre eux a sorti une épée. Et pourtant, face au spectre, il semble ridicule.
Une danse. Je la vois danser, éviter les coups et tuer les hommes comme elle a tué le fils du fabriquant. Leur sang coule, se mêle à mes larmes et celles du ciel. A genoux devant le cadavre de l'adolescent, je la vois poignarder le dernier survivant et j'observe son visage impassible, où semble pourtant brûler une colère froide, mêlée à quelque chose que je n'avais jamais vu auparavant.
Ramassant sa lame, elle s'approche de moi. C'est une grande femme aux yeux jaunes, sa bouche est prolongée de deux cicatrices, ornement morbide. Sourire d'un ange vengeur. Je tente à grand peine de lui parler.
-Est-ce que... je suis... morte?
Alors elle parle et en entendant sa voix rauque je comprends que je n'ai pas affaire à un spectre.
J'ai simplement affaire à une ...
Psychose."

II - Mère

"Je n'ai jamais connu ma mère d'origine, et mes premiers souvenirs agréables remontent à cette nuit où Alicia m'a sauvée.
Je me souviens encore du violent frisson qui la parcourût alors qu'elle saisissait mon poignet tout en me rendant ma poupée trempée. Puis sans ménagement elle m'emmena, son corps plein de spasmes.
-Qui... êtes-vous?
Je crus la voir sourire, mais peut-être était-ce sa cicatrice qui me donnait cette impression?
-Je suis le Pantin Balafré, dit-elle d'un ton théâtral alors que nous parcourions les rues de la ville sous la pluie toujours plus forte. Nous entrâmes dans une auberge où nous fûmes salués par un homme qui poussa un cri de stupéfaction en voyant que l'ange me tenait la main. Toujours sans se retourner, ses longs cheveux noirs flottant derrière elle, elle gravit les escaliers, en traînant l'enfant à bout de force que j'étais. Nous entrâmes dans une chambre sommaire, munie d'une armoire, d'un lit et d'une coiffeuse. Elle me lâcha la main et désigna le lit.
En moi la peur se mêlait au soulagement.
-Assieds-toi.
Tremblante, je m'exécutai et m'écroulai sur les draps secs. Mon coeur cognait comme un gong dans ma poitrine d'enfant. Il me fallût quelques instants pour rassembler mes esprits et trouver le courage de regarder ma sauveuse.
-Pourquoi m'avez-vous aidée?
Debout, bras croisés, elle me dévisagea sans sourire, puis haussa les épaules.
-... je ne sais pas si je l'ai fait pour toi, mais ces hommes avaient le regard de la Bête.
-La... Bête?
Elle me fixa, presque surprise que je reprenne ses termes. Puis elle attendit quelques instants avant de s'asseoir à coté de moi.
-Comment t'appelles-tu?
-Heu... je ne sais pas.
Je la vis froncer les sourcils, et je me sentis étrangement triste de l'avoir déçue. Comment lui expliquer que je n'ai jamais pris la peine de me nommer, ni de savoir qui je suis? Elle haussa encore les épaules.
-Je m'appelle Alicia. Et toi...
Elle se tût soudainement, et je pu voir un reflet étrange passer dans ses yeux froids. Elle dégageait une telle hostilité que j'étais incapable de la regarder trop longtemps
-... tu as failli mourir.
Je hochai la tête, prise d'un violent tremblement. M'auraient-ils vraiment défigurée? Serais-je devenue comme cette femme? Cette dernière se leva avec une agilité impressionnante et me désigna le lit.
-Repose-toi. Je vais chercher à manger.
Puis elle disparût, me laissant seule. Sans prendre le temps de réfléchir, je me glissai dans des draps étonnement propres en tentant de repenser à tous ces événements. Mais la femme réapparût bien vite, un plat chaud à la main.
Elle me regarda manger avec avidité, et je vis un vague sourire étirer ses traits. Quand je finis mon assiette, elle prit une chaise et s'assit en face de moi.
-... J'aimerais te donner un nom. Tu es d'accord?
Même sa voix semblait sans cesse monocorde, et pourtant j'avais l'impression étrange que cette personne qui avait tué quatre adolescents sous mes yeux ne me ferait pas de mal. C'est peut-être pour cela que je lui accordai ma confiance. Peut-être parce que j'avais besoin de quelqu'un alors que j'étais vulnérable.
-... Oui.
-Je vais t'appeler Malice, alors.
Ce nom étrange eût don de me plaire. Je lui adressai mon premier sourire depuis longtemps.
-... merci!
Il y eût un silence ponctué par le bruit des gouttes sur le toit.
-... de rien. Maintenant il est l'heure pour moi de danser, en-dessous. Change-toi, endors-toi, pars si tu veux... mais je pense que tu devrais rester encore quelques instants.
Sur ce, elle se leva et marcha jusqu'à l'encadrement de la porte. Là, je vis sa tête se retourner sans que son corps ne bouge et elle me fixa d'un oeil et demi.
-... Malice?
-Oui?
-Dors bien... et prends garde à la Bête.
Sur ce, elle disparût.
Je m'endormis aussitôt.

III - Sang

Veillant sur moi alors que je tombais malade, Alicia remplaça bien vite dans mon esprit ma mère inconnue.
Quand j'y repense, il me semble que j'ai toujours été enfant des rues, survivant dès que j'eus l'âge de ramper. Et pourtant, la période précédant mes six ans m'apparaît floue, et je ne saurais démêler la vérité des songes. En un sens, l'arrivée d'Alicia me fût salutaire car elle marque le début de mes souvenirs les plus clairs.

Lorsque la maladie me quitta, Alicia et moi eûmes une longue conversation. Au préalable, elle m'avait invitée à la voir danser et j'avais assisté à un spectacle aussi magique qu'effrayant: Alors que ses pas s'enchaînaient à une vitesse des plus surprenantes, son corps se tordait à des angles inquiétants. J'en avais également profité pour observer les réactions de l'assistance: Les hommes surtout semblaient médusés. Lorsque celle qui se nommait le Pantin Balafré eût fini son spectacle, les applaudissements furent nombreux, mais personne n'eût l'audace de lui serrer la main: Je l'avais compris, elle ne supportait pas les contacts (le souvenir de ses spasmes lorsqu'elle m'avait prit la main restait solidement ancré en moi).
-... alors? Me dit-elle en me rejoignant à la table que j'avais choisie.
-C'était... très beau. Et très inquiétant, fis-je en observant longuement les yeux jaunes de la danseuse. Cette dernière m'adressa un sourire étrange, mélange d'ironie et d'une once de fierté.
-... merci. Nous avons à parler, toi et moi.
Je déglutis, sentant les ennuis arriver.
-... oui?
-Tu es guérie, tu n'as donc plus aucune raison de rester avec moi, c'est pourquoi je te le demande: Désires-tu rester à mes cotés? Ou as-tu quelqu'un chez qui te rendre?
A nouveau ce ton froid et sans âme. Je la fixai un bref instant, tentant de comprendre ce qu'elle désirait. En vain.
-Alors?
Il me fallût inspirer profondément.
-Je... je n'ai personne chez qui aller, alors... j'aimerais bien rester avec vous.
Elle rit.
-... tu n'as donc pas peur de moi et des rumeurs sur mon compte?
Ma réponse fût sincère et naïve comme celle d'une enfant.
-Non, je n'ai pas peur. Vous êtes un peu effrayante, mais vous m'avez sauvée...
Elle parût réfléchir quelques instants, et ce temps me parût une éternité.
-D'accord. Nous ferons donc chemin ensemble quelques temps.
Alors je vis sa cicatrice s'étirer en un sourire sincère.
-Je suis très heureuse que tu m'aies choisie, Malice.

Les temps qui suivirent ma décision furent les plus heureux de mon existence. Je me ressourçais, mangeais bien et dormais dans un vrai lit. La journée, Alicia partait très souvent explorer les environs - je faisais de même de mon coté, lorsque je ne l'accompagnais pas.
Alors que je me promenais dans une des grandes places de Dinak, j'avisais un attroupement d'enfants, assis devant un vieil homme. En ces temps-là, je venais de fêter mes huit ans.
Je m'assis et l'écoutais de longues durant parler du sens qu'avais la vie pour lui et ses proches. Puis lorsque je vis le soleil descendre à l'horizon je me hâtai de rentrer à l'auberge pour ne pas louper la danse d'Alicia.
Nous restâmes deux années à Dinak, deux années durant lesquelles je cherchais à mieux comprendre la mentalité de ma nouvelle mère: Je savais que son comportement n'étais pas sain, pas ordinaire: En deux ans elle ne m'avait jamais serrée dans les bras. Quelque chose me disais que cela avait à voir avec sa cicatrice mais je n'osais pas lui demander d'où lui venait cette balafre...

L'Accident survint deux jours plus tard. J'avais alors dix ans.

Alors qu'Alicia avait fini de danser, un homme voulût l'enlacer.
Je n'oublierai jamais l'expression de dégoût et de rage absolue qui se peignit alors sur les traits de ma mère. Le tavernier avait alors hurlé un avertissement que l'homme n'écouta pas.
-Comment. Oses. Tu? Avait simplement demandé Alicia.
Puis elle avait saisi son bras avant de le tordre violemment. Un craquement qui me fit monter les larmes aux yeux se fit entendre alors que l'homme hurlait, en proie à une douleur abominable. Je vis la danseuse le forcer à s'agenouiller avant de m'adresser un regard d'une froideur que je n'aurais jamais crue aussi intense.
Je me retournai vers l'aubergiste, affolée.
-Il... il faut l'aider!! Pourquoi personne ne réagit?
Il me regarda, l'air navré.
-Alicia prévient tout le monde de ce qu'il ne faut pas faire... cet homme mérite ce qui lui arrive. Il était averti.
Alors sans réfléchir, je me jetai dans les bras de cet homme, incapable d'en voir plus. Cela ne m'empêchait pas d'entendre les hurlements de supplication de l'ivrogne alors que celle qui m'avait sauvée lui arrachait les yeux.
Une éternité de larme coula hors de moi jusqu'à ce que doucement l'aubergiste me secoue.
-... tu peux regarder, petite. Tout est nettoyé.
Le soir même, nous partîmes.

IV - Fugues

-Tu n'es pas forcée de rester à mes côtés, maintenant que tu sais qui je suis vraiment...
Je me tus, incapable de parler, encore sous le choc de ce que j'avais vu. Nous nous étions arrêtée à l'orée d'un bois et ma mère adoptive avait allumé un feu. Je voyais sa cicatrice s'étirer au bon gré des flammes.
-... Malice? Parle-moi, je t'en prie.
-Pou... pourquoi as-tu... tué cet homme?
Je vis une flamme s'allumer dans son regard et à ce moment une peur infinie me prit au ventre.
-Parce que la Bête a crevé sa peau. Parce qu'elle me voulait du mal...
Encore la Bête, cette créature qui revenait sans cesse dans tout ce qu'Alicia disait. Encore cette haine qui suintait de ses mots...
-Qui est la Bête?
Elle m'observa puis poussa un profond soupir.
-... ici-bas, tout te veut du mal, Malice. Tu le sais mais tu ignores la Bête... c'est peut-être mieux ainsi.
-Ne peux-tu pas... m'expliquer?
Ses mots furent violents, presque un cri.
-Non.
En silence elle déballa notre repas et me passa ma part. Je fis mine d'hausser les épaules mais plus que jamais je craignais les réactions de celle que je savais dangereuse. Nous mangeâmes sans un mot puis soudainement elle me parla:
-Je suis née dans une famille de gitans. Lorsque j'eus sept ans, des brigands nous attaquèrent durant notre sommeil. Ils incendièrent nos biens et tuèrent mon clan. Il n'y eût qu'une survivante: Ma soeur Malice. C'est d'elle que tu tires ton nom.
-Mais...
Que voulait-elle dire par une survivante? Ne se tenait-elle pas là devant moi?
Je compris à son attitude qu'elle ne m'en dirait pas plus. Silencieusement, je me préparai à dormir près du feu. Alors que lentement le sommeil venait me'enlacer j'entendis sa voix.
-... Malice?
-Oui?
-... ne me touche jamais.
Ce furent les dernières paroles que j'entendis cette nuit-là.

Nous partîmes le lendemain à l'aube. N'aimant pas particulièrement le silence, je décidai de parler et de distraire ma mère d'adoption à chaque fois que je le pouvais. En contrepartie elle acceptait de me parler de sa famille, un peu. Je compris alors à quel point le voyage était ancré en elle, et à quel point elle avait dû souffrir de ne pas s'être déplacée en deux ans.

Après de longues errances Alicia décida de nous établir à Aphel. Nous y trouvâmes une auberge où loger. Puis lentement, notre vie fût rythmée par nos maigres repas et les soirées où ma mère dansait. Dans la journée, lorsqu'elle ne tentait pas de m'apprendre à écrire, j'étais libre et je profitais pour voler ce que je pouvais sur les étagères des marchands.
Mais bien vite voler m'apparût risqué: Je préférais gagner de l'argent. C'est ainsi que - par hasard - on me chargea de porter des missives un peu partout dans la ville, et parfois à ses alentours. Passant ma journée à livrer des lettres que je trouvais croustillantes pour la plupart, j'amassai un solide pécule avec lequel j'achetai du papier ainsi qu'un petit coutelas usé. Je les gardais précieusement dans ma chambre à l'auberge, sans savoir pourquoi.
Lorsqu'on n'eût plus besoin de moi en tant que porteuse de courrier, je dus me trouver une autre occupation: conter. En effet, à chaque instant de libre, je me frayai un passage sur la place pour clamer des contes issus de mon imagination: Des histoires étranges, peuplés de personnage auquel on aurait arraché le coeur et d'une femme à la peau faite de sang.
Bien vite, ces personnages prirent de l'importance et je décidai d'écrire leurs aventures grâce au matériel que j'avais acheté par ce qui m'avait semblé être un pur caprice.
Et les jours passèrent, rythmé par mes créations, par l'argent que je gagnais sans cesse. Ma mère dansait toujours de plus belle et bientôt sa réputation n'était plus à faire.
Pourtant nous partîmes à nouveau, quittant notre routine confortable. Nous partîmes après un nouveau meurtre causé par ma mère, et ce fût cette fois qu'elle termina son histoire.

V - Séparation

Cette nuit-là, il y a quelques années, Alicia fût laissée pour morte à l'endroit où les brigands avaient décimé son clan. Son corps brisé par les viols et la torture n'aurait pas été trouvé si un couple d'assassin n'était pas passé au bon moment. Elle fût recueillie et soignée par eux, mais imparfaitement: son corps et son âme gardèrent les marques de cette nuit.
Elle ne revit jamais sa soeur.

Je sus l'histoire dans son intégralité lorsqu'Alicia tomba gravement malade. Je me souviens du champ que nous traversions, de la toux qui violemment la prit et fit frissonner son corps. Les temps avaient passé, j'étais presque une femme alors et trimballais avec moi un sac rempli d'objets inutiles et artistiques.

Nous nous réfugiâmes dans une grotte et c'est là que - toute entière au délire et à la fièvre - elle termina ce qu'elle avait commencé. Désespérée, je la suppliai de se rendre en ville où nous pourrions trouver un médecin, mais sa peur d'être touchée l'empêchait d'y songer. Durant une semaine je m'occupai d'elle, allant jusqu'à profiter de son sommeil pour la toucher.
Au bout du septième jour elle retrouva la lucidité.
Pourtant elle se tût lorsque je lui demandai quelle allait être notre prochaine destination.

Nous nous séparâmes le lendemain, à sa demande. Lorsque je la questionnai sur les raisons de ce choix, elle se taisait, et la tristesse passait dans ses yeux jaunes. Mais je l'avais compris: ce qui restait d'humain en elle craignait de me tuer un jour.

Epilogue

Fermant les yeux, la femme aux cheveux colorés sursauta en entendant le bruit du lancement.
Puis une joie pure l'envahit alors que son chiffre fétiche s'affichait sur une des faces. Avec un sourire large elle empocha l'argent qu'on avait mis au centre du plateau, le rangea et sortit du salon de jeux, sous les grognements des perdants.

Dehors, la pluie tombait sur Criméa.
"Tu aurais aimé cette journée", pensa alors Malice en laissant une douce sensation de peine s'infiltrer en son âme.
"Oui, tu aurais peut-être même dansé sous la pluie..."
Puis elle s'en fût, parcourant les rues du pas léger qu'était le sien.



IV – Le joueur


Prénom/pseudo : Malice
Comment as-tu connu le forum ? Par le Tosya original (j'y incarnai Malice Daiishi et Alicia Dawn) ^
Comment le trouves-tu ? Nickelbon!
Des commentaires ? J'espère que ma fiche ne sera ni trop longue ni incohérente ^^'
Fréquence de passage sur le forum : Sujet délicat (étant musicienne, je suis souvent en répét / concert)... mais je vais faire de mon mieux pour passer au moins deux fois par semaine!
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MessageSujet: Re: Malice Daiina   Mar 8 Mar - 17:42

Coucou, Malice, et bienvenue sur Tosya Renaissance ^^

Voilà, j’ai lu ta fiche, et même si j’apprécie ta façon d’écrire, je crois que ton souhait de ne pas être trop incohérente ne se vérifie pas tout à fait. Alors bon, je vais t’accorder le nom de ton perso. Puis concernant le haut-de-forme, désolée mais je dois te dire non. Nous sommes dans un contexte médiéval-fantasy et le haut-de-forme n’existait tout simplement pas à l’époque médiévale. Tu nous as choisi un avatar qui se range plutôt dans la catégorie steampunk, et si tu souhaites garder le même, je te demanderai alors de faire un recadrage plus serré sur le visage.

Sinon, pour ce qui est de ta « carrière », eh bien je dois te mettre le holà ! Tu n’as que 21 ans, et exercé des métiers tout à fait opposés pour certains. Déjà, rien que le fait d’être voleuse et philosophe à ses heures perdues. En général lorsqu’être voleuse et philosophe à ses heures perdues. En général lorsqu’on vole on n’a pas vraiment de vision philosophique poussée. Donc à choisir entre l’un ou l’autre. Guide rurale me parait un peu beaucoup aussi, à moins que la petite Malice connaisse les recoins du vaste territoire Dinakien, donc, pour moi, à enlever, car tu précises toi-même que Malice a plutôt grandi dans la ville. Je trouve également contradictoire le fait de savoir discourir pour mieux duper son monde, et aussi faire les poches des passants sans vouloir se faire remarquer. Deux attitudes contradictoires qu’il va falloir corriger. Surtout si elle est conteuse, dans ce cas je te conseille de laisser de côté le vol à la tire. Enfin, « le don de savoir se battre avec des objets »… Elle sait se défendre quoi ?

Pour ces deux premières parties de ta fiche, donc, je te conseille de plutôt axer sur le fait que Malice a un talent à peu près certain pour l’éloquence, et aime parler aux gens, et leur exposer son point de vue. C’est comme cela que je la perçois : une bonimenteuse imaginative qui malgré les ennuis que cela peut lui causer parfois aime faire part de son opinion. Si elle a échappé à la folie, cet aspect de personnalité sera intéressant.

Enfin, j’en viens à l’histoire. Alors déjà, il faudrait que tu aères un peu, parce que là, ça pique légèrement les yeux. Pour le reste, je ne vois rien de gênant, et j’apprécie que tu aies inclus tes anciens persos, c’est sympathique ^^ Donc en fait, je te conseille d’améliorer ou supprimer les éléments dans les talents et métiers que tu n’as pas décrits dans ton histoire.

Voilà tout ce que j’ai à dire sur ta fiche ^^’’ Ton personnage aura tout le loisir de se perfectionner et d’apprendre de nouvelles choses au cours du jeu. En plus t’as une coupine Dinakienne à moitié folle elle aussi !!! x)
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Malice Daiina

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