Tosya Renaissance

Le monde Tosya, au cours de la troisième Ère, ving-cinq ans après la montée en puissance du Roi de Dinak, Dan Azyrith, le traitre d'Alsaria.
 

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- L'évasion -

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Laena Watson
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MessageSujet: - L'évasion -   Mar 8 Mar - 9:16

Suite de Un vent de panique

Les journées étaient passées et Laena avait eu vent des rumeurs et des bruits qui courraient au château. Elle se voulait tant d'avoir laissé Eleanor seule là bas, en prise avec ses obligations et cette menace qui planait au dessus d'elle, cependant il était impossible pour elle de rester enfermée comme cela, comme cet oiseau qu'elle se plaisait à dire qu'elle aimait être. Elle la connaissait bien et elle savait qu'au fond c'était toujours cette prison aux murs blancs qu'elle voyait...

On lui avait demandé de rester au Domaine, cependant la jeune femme voulut absolument retourner à Dénaros, comme appelée par le cri silencieux de celle qui était l'obligée de l'armée qui s'assurait de sa protection, à la manière d'une jumelle qui n'aurait pas besoin de savoir ce que ressentait sa sœur peu importe qu'elle fut à des lieues.

Puis elle partit avec le cocher jusqu'à là bas, emportant avec elle un présent pour la jeune Princesse.

Lorsqu'elle arriva, rentrer dans le château ne fut pas simple, comme elle s'en doutait, cependant après maintes conversations elle fit comprendre qu'elle était une proche de Damoiselle Azyrith, lorsqu'elle prononça son nom, deux des personnes qui servaient de garde froncèrent les sourcils, un peu comme ce Mewen qui sembla étonné. Peut être connaissaient-ils son père eux aussi ? Ce qui semblait étrange c'est que tous ne réagirent pas, certains semblant comme au fait de certaines choses, se mêlant à des hommes du sieur Thirit et des gardes. Laena ne comprenait pas réellement ce qu'ils étaient ni qui ils étaient. Elle soupira et oublia l'idée dans savoir plus, trop soucieuse de son amie pour vouloir amenuiser sa curiosité.

(HRP Musique d'ambiance)

Lorsqu'elle arriva au niveau de la grande porte elle considéra les guerriers qui semblaient être issus de trois castes différentes. Leurs démarches, leur façon de se comporter les uns envers les autres, elle resta longuement sur le perron, observant les allées et venues.
Ils connaissaient son père... Laena réfléchit silencieusement et ses yeux se figèrent sur certaines personnes, qui marchaient comme au ralenti, tels des spectres défilant lentement devant ses yeux. Il y avait les gardes qu'elle connaissait de loin, il y avait des hommes qui semblaient agir comme l'aurait fait une armée lourde, dont certains qui se trouvaient à la réception de la remise de médaille au sire Thirit de Thanit... Mais il y avait quelque chose qui ne collait pas dans ce tableau belliqueux, c'étaient les rares personnes qui semblaient étrangères à cette procession, dont ceux qui avaient l'air d'avoir tiqué au nom Watson...

La jeune femme n'eut qu'un mot à penser, un seul. Mercenaires, ceux dont parlait son père et qui en effet étaient au château selon ce qu'elle avait entendu, elle avait presque oublié ce détail.
S'ils étaient des connaissances de son père et de Tristan, ils étaient forcément des hommes de confiance. Laena soupira, soulagée, et sourit avant de prendre le chemin qui la mènerait là où elle espérait trouver la princesse.

Grimpant les marches de pierre, elle arriva devant les appartements mais celle-ci ne répondit pas... L'écho de son poing gracile sur la porte résonnait comme si la pièce était totalement vide. La jeune femme décida donc de se diriger vers l'office d'Erwan, elle soupira. Elle n'était pas rentrée dans cette pièce depuis la fin de son enfance, bien trop emplie de haine envers lui pour pouvoir se rappeler ces affreux souvenirs de lui. Souvenirs qui se mélangeaient dans son crâne pour devenir une sorte de bouillie infâme de sentiments contradictoires.

Les longs corridors étaient mornes malgré les fréquents passages de la garde sur le qui-vive. Seuls des pas faisaient trembler le sol et leur son se répercutait sur les murs de pierre lisse.
Son cœur s'emballait, elle frappa à la porte.


Eleanor ? Je suis venue dès que j'ai pu... Es-tu es là ?

Elle attendit un moment, aucune réponse ne lui parvenait. Les gardes autour de la porte la regardaient comme si elle avait été une intruse et un danger. Son regard se fit triste et se détourna encore une fois vers l'huis.

Eleanor...
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Eleanor Azyrith
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Mar 8 Mar - 10:09

Apre odeur d’herbe fraichement taillée, douce senteur de fleurs écloses à la chaleureuse lueur du soleil doré, merveilleuse effluve de mets succulents qui se préparaient en cuisines. C’était dans cette chaude et étincelante ambiance que la princesse d’Alsaria s’était réveillée ce matin. Déambulant dans le château décoré pour l’occasion de fleurs aux mille senteurs et aux couleurs vives. Une par ci, une par là, Une branchette de lierre, et voilà une superbe couronne de fleurs confectionnée par ses petites mains agiles, tout fredonnant un cantique de saison, louant le dieu Ilhar de leur accorder une année supplémentaire et le priant que les plantations soient prolifiques.

Aucune leçon aujourd’hui. Aucun rendez-vous. C’était l’équinoxe, et la fête s’annonçait aussi bien au palais qu’en ville. Guillerette malgré la lourde atmosphère qui régnait au palais avec toute cette garde armée qui occupait les lieux pour s’assurer qu’il ne lui arrive rien et que son frère puisse rentrer en toute sérénité, Eleanor se réjouissait de pouvoir enfin fêter le renouveau de la nature. Cependant, le traditionnel banquet royal avait été ajourné, et Eleanor était exemptée de s’y rendre. Bien sûr il y aurait banquet, les nobles pourraient venir, mais ce ne serait pas le faste des autres années que l’on trouverait. Plutôt une sortie où personne ne verrait la famille royale.

Et toute confinée au castel qu’elle fut, Eleanor ne souhaitais pas rester ici à broyer du noir. Plusieurs fois elle avait songé, s’ennuyant trop loin de sa sœur de lait, à jouer des tours à ses gardes, crier au loup pour leur faire sortir les armes et se retrouver ahuris face à un doigt où perle une goutte de sang. Ou bien encore à s’enfermer seule des heures entières dans sa chambre sans donner de signe apparent de vie.

Mais ce que les gardes négligeaient de garder, c’était les quelques passages secrets et couloirs dérobés entre les murs. Cachée dans une alcôve, près d’une meurtrière et donc simplement éclairée d’un rai de lumière, elle confectionnait des couronnes de fleurs. Personne ne venait la déranger ici. Elle était toute proche du passage dérobé du bureau d’Erwan, et entendit alors tambouriner à la porte. D’abord méfiante, elle ne se manifesta pas, puis reconnu malgré l’épaisseur qui les séparait, la voix de son amie. Personne n’était venu l’avertir que Laena était venue. Non, personne. Et la petite princesse en éprouvait de la colère. On la privait en plus de voir la seule personne ici bas qui la rattache un tant soit peu à la beauté de ce monde.

Laissant là son ouvrage clandestin, Eleanor sautilla comme une enfant vers la porte et l’entrebâilla. Laena était là, le regard abattu de quelqu’un qui avait également été privé de quelque chose d’important. Le sourire d’Eleanor réapparut alors et elle attrapa Laena par la manche pour la tirer vers l’intérieur du bureau avant de tourner la clé dans la serrure. Et là elle put enfin se laisser aller et serrer celle qui lui était si chère au cœur presque assez fort pour lui briser quelques os.

-Oh Laena !!!!

Relâchant la pression, elle recula d’un pas.

-Laena tu tombes à pic !! Regarde ce que j’ai fait !!

Elle fila droit vers le passage qu’elle refusait de cacher à Laena et y récupéra ses créations. Deux couronnes garnies de lierre et fleurs aux couleurs resplendissantes. La princesse en déposa une sur la soyeuse chevelure blonde de Laena et observa son œuvre, l’index posé sur les lèvres. Elle hocha la tête de haut en bas.

-J’étais sûre que ça t’irait.

Déposant ensuite la seconde couronne sur sa royale tête, Eleanor retourna prendre Laena dans ses bras. Le premier visage sain et ami qu’elle voyait depuis des jours et des jours. Eleanor avait noyé son ennui dans diverses activités manuelles ou intellectuelles, mais aujourd’hui elle se sentait soulagée. Elle tira Laena vers la fenêtre et lui montra Dénaros que le château surplombait du haut de son caillou rocheux. Sans distinguer rien en particulier sur les places ou dans les rues si lointaines, elle pouvait facilement imaginer l’agitation qui régnait en bas, les préparatifs qui prenaient fin et la fête qui s’annonçait.

-On va descendre faire la fête !! J’ai réfléchi à comment y aller pendant tout le temps où j’étais surveillée. Et je n’attendais plus que ta venue. Pardonne moi si mes lettres se sont faites rares mais ils surveillent même le courrier que j’écris, alors tu comprends bien que je ne voulais pas qu’ils lisent tout ce que seule une confidente doit savoir. Jamais ils ne me lâchent, du matin au soir ils sont là à veiller sur moi. Mais je suis certaine qu’on arrivera à passer. Il y a des passages secrets qu’ils ne surveillent pas, car il n’y a souvent qu’Erwan et moi qui les connaissons.

Il était vrai que d’habitude elle s’évertuait à éviter de prononcer le nom de son frère en présence de Laena, qui gardait à son encontre une haine vengeresse depuis leur adolescence, mais là elle ne pouvait pas faire de détour. Son envie d’évasion se lisait sans peine sur son visage et ses yeux pétillants d’enfant malicieux en étaient témoins. Les mains jointes, elle fixait Laena presque avec démence.
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Mar 8 Mar - 11:36

Laena ne put s'empêcher de dévoiler un sourire quand elle vit le minois enjoué d'Eleanor. Cependant quelque chose la taraudait. Lorsqu'elle abordait cette gaité c'est qu'il allait irrémédiablement se passer quelque chose, comme à chaque fois.

-Laena tu tombes à pic !! Regarde ce que j’ai fait !!

Elle se faufila derrière une tenture, sûrement un passage qu'elle ne connaissait pas, et elle sortit avec deux couronnes de fleurs, un travail magnifique, comme on pouvait s'y attendre d'une Princesse, puis Eleanor lui posa sur la tête, l'air heureuse et fière, elle arborait une moue enfantine et espiègle.


-J’étais sûre que ça t’irait.

Laena n'avait dit mot, se contentant d'observer la jeune fille qui part moment pouvait faire plus jeune qu'elle. Il en était de sa personne, tantôt femme face à ses responsabilités, tantôt enfant quand elle refusait de s'y contraindre. C'était touchant, et la jeune femme lui rendit son étreinte.

-C'est adorable, nous sommes certainement les plus belles du château

Dit-elle en tirant la langue. Cependant son air malicieux retomba quelque peu lorsque son amie lui expliqua :

-On va descendre faire la fête !! J’ai réfléchi à comment y aller pendant tout le temps où j’étais surveillée. Et je n’attendais plus que ta venue. Pardonne moi si mes lettres se sont faites rares mais ils surveillent même le courrier que j’écris, alors tu comprends bien que je ne voulais pas qu’ils lisent tout ce que seule une confidente doit savoir. Jamais ils ne me lâchent, du matin au soir ils sont là à veiller sur moi. Mais je suis certaine qu’on arrivera à passer. Il y a des passages secrets qu’ils ne surveillent pas, car il n’y a souvent qu’Erwan et moi qui les connaissons.

Eleanor la fixait avec des yeux bordés d'inconscience. La jeune noble alla s'assoir dans l'un des fauteuils où elle se rappelait avoir vu Alina souvent alors que tous trois, lorsqu'ils étaient enfants, venaient chahuter la Reine qui ne leur en voulait jamais et les couvrait au contraire de bienveillance.

-Je connais ces airs, demoiselle, et je pense que même si je m'y oppose cela ne servirait à rien, n'est-il pas ?...

Laena secoua doucement la tête et soupira. Cette fille était folle mais c'était pour cela qu'elle l'appréciait tant. Cependant elle était soucieuse du danger qu'elles allaient courir à ce moment là, si elles sortaient toutes deux - et surtout Eleanor - de cet asile de sureté.

-Donc je suppose que même si je te dis non tu me forceras à y aller ? Avant que tu ne répondes je veux juste que tu saches que même si tu me réponds un "ne t'inquiètes pas je sais ce que je fais", tu es vraiment en danger, le bruit court que le gouteur du roi d'Ellandy est mort... Et s'il t'arrivait quelque chose je serais mise en faute, et je m'en voudrais jusqu'à la fin de mes tristes jours...

Elle se redressa et posa son doigt sur le front de la Princesse :

-Laisse moi te dire que j'aurais apprécié cette idée en d'autres temps mais nous allons nous déguiser pour ne pas être remarquées ni devenir les cibles d'une menace dont on ne sait rien. J'ai ma petite idée pour ne pas que les gardes remarquent avant deux bonnes heures que toutes deux nous ne nous trouvons plus dans ce bureau.

Elle affichait un sourire carnassier, présage d'un de ses plus mauvais tour. Puis elle sortit, se dirigeant vers les ailes basses et emprunta des vêtements de bonne dehors alors qu'ils séchaient, puis se dirigea vers les cuisines, prêtant attention à ce que personne ne la voit emprunter un panier dans lequel elle mit le linge, puis qu'elle recouvra de fruits pour toute discrétion. Elle revint au bureau et se faufila discrètement, esquissant un délicat et innocent sourire aux gardes qui la regardaient avec méfiance.

-Et voilà, il faudra que l'on porte ça mais tu devras l'emmener toi par les couloirs, tu vas partir en premier par ce passage que tu m'as montré...

Puis elle continua d'expliquer à voix basse le plan qu'elle allait mettre en place. Elle allait d'abord sortir et puis...
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Eleanor Azyrith
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Mar 8 Mar - 17:20

Oh oui, les plus belles !! Mais aussi les plus irresponsables. Il y en avait toujours une pour entraîner l’autre, une plus téméraire qui réussissait malgré tout à être suivie par la seconde. Eleanor n’avait pas vraiment songé à ce que Laena pourrait dire et qu’elle pourrait s’y opposer.

Ce fut au tour d’Eleanor de tirer la langue à Laena.

-Rien ne vous échappe, ma chère Watson.

Et entendant parler Laena ensuite elle réalisa que son amie semblait parler à un enfant un peu trop capricieux. Mais malgré tout ce qu’elle pourrait argumenter, rien n’y ferait. Eleanor était décidée à changer d’air, quoi qu’il puisse en coûter.

-Oui je suis au courant. Il s’agit d’un métier à risques. Et oui je sais que je suis en danger, mais justement, déguisées ce sera moins dangereux. Rassure-toi, je sais ce que je fais, et je te promets que s’il m’arrive quelque chose, tu ne seras pas mise en tort. Mais comprends moi, ça fait des jours qu’ils me font mariner ici, à ne rien me laisser faire, je vais devenir chèvre !!

Le sourire fiché sur le visage de Laena et si proche du sien, montrait à la princesse que c’était gagné, elle l’avait convaincue. Laena avait toujours eu une assez bonne imagination pour tout. Et Eleanor ne doutait pas qu’elle réussirait à les faire sortir du château sans que personne ne les voie.

-Quand même, si tu croyais que je pensais à sortir dans cette tenue ! C’est sûr que vêtue ainsi je n’aurais aucun mal à être retrouvée.

Oui, Laena aussi avait déjà tout un plan pour les faire quitter le château. Elle s’éclipsa quelques minutes du bureau, laissant Eleanor seule, le dos collé contre la porte. Puis elle revint, un panier dans les bras. Laena lui montra, sous les victuailles qu’elle avait empruntées des robes de bonnes. Un déguisement parfait, mais dans un sens un peu risqué. Des bonnes du château qui iraient fêter l’équinoxe alors qu’il y avait tout un tas de choses à faire au palais ?…

-Laena, si on partait directement toutes les deux depuis le bureau, par le passage. Les soldats me croient en train de faire des bouquets. Ca fait à peine une heure que je suis ici. Ils attendront bien quelques heures supplémentaires avant de venir me chercher…

BOM BOM BOM !

-Majesté, tout va bien ?

Eleanor fixa la porte. Elle posa le panier au pied du bureau, puis revint vers l’entrée, passant devant Laena.

-Oui oui oui, ça va, je ne me suis pas encore intoxiquée avec les fleurs que vous avez soigneusement inspectées avant de me laisser les rentrer dans le bureau. Mais je vous en prie, c’est agaçant à la fin que vous veniez me déranger toutes les heures pour savoir si je suis encore en vie. Où croyez vous que je puisse aller, avec une garde si rapprochée que vous l’êtes ?

-J’ai reçu des ordres, majesté. Pouvez-vous m’ouvrir.

Eleanor jeta un regard à Laena, puis vers la tenture. Les seuls bouquets visibles ici étaient les deux couronnes que les deux jeunes femmes portaient avec élégance. Au fond de la pièce, une caisse à moitié pleine de fleurs qui avaient servi à la confection de ces couronnes. La princesse ouvrit finalement au garde, sans pour autant lui dévoiler toute la scène.

-Me voilà, je suis toujours là.

Elle sourit. Le garde tenta de passer la tête. Eleanor se poussa légèrement pour le laisser voir une Laena sage comme une image, et des éléments qu’il connaissait.

-Satisfait, monsieur le garde ? Si vous laissiez un peu plus d’une heure avant de venir me chercher cette fois ? Ca fait des jours que je n’ai pas eu la visite d’amis, laissez moi au moins deux heures sans avoir à vous ouvrir. J’ai des choses à lui dire.

Le garde hocha la tête. Eleanor soupçonnait qu’il irait rapporter ses paroles à Thirit, et que Thalys serait donc irrémédiablement au courant. Si elles se faisaient prendre, toutes les deux auraient des ennuis, mais complot ou pas, la colère de Thalys serait plus grande encore. Et celle de Key, le père de Laena, aussi. Eleanor le connaissait, il n’était pas du genre belliqueux, mais une aussi grande bêtise ne resterait pas impunie. Avec révérence, le garde s’éloigna, et Eleanor referma la porte.

-Voilà, les deux heures que tu voulais avant qu’ils ne s’inquiètent. Ce passage, là, il mène aux appartements de mon frère. De là, on pourra facilement descendre et sortir du château.

Eleanor récupéra le panier et se dirigea vers le passage secret. Les passages du plan repassèrent dans sa tête.

-Non, finalement tu as raison, je passe en premier.
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Mar 8 Mar - 18:22

Eleanor était machiavélique... Et complètement inconsciente, mais à la crainte du danger succédait l'excitation de l'interdit qui fascinait grandement Laena, des années étaient passé, de longs jours à rester toujours la sage jeune fille qu'elle avait décidé de devenir.

- Tu as raison, qu'ils aillent tous se faire voir ailleurs si j'y suis.

Cependant la mention de la chambre d'Erwan avait tout lieu d'être encore une épreuve des dieux à son égard. Elle allait côtoyer la plus intime partie de sa vie, celle qui voyait ses nuits. Et si elle y cassait quelque chose pour laisser sa marque de fabrique comme pour lui dire "j'étais ici" ?
Elle secoua la tête, le moindre bruit dans la chambre du roi, censée être vide, ne pouvait qu'attiser de lourds soupçons. Déconfite, elle suivit Eleanor sans broncher, elle n'aimait pas être celle qui suivait les idées des autres, cependant la princesse était la seule à bénéficier de ce privilège là, pour autant qu'elle s'en souvenait, elles étaient toujours deux à faire les âneries, peut importe qui avait la toute première idée.
Ils arrivèrent dans sa chambre à lui...

Tout était parfait, comme dans toute chambre nobiliaire, mais son essence avait emprunt les lieux, conférant à la pièce une allure à la fois fière, à la fois sombre, comme il pouvait l'être, Laena ne cilla pas afin de conserver ses secrets, puis elle dit :


- Au fait, j'ai oublié de t'offrir ça... Et d'ailleurs nous devrions nous changer ici, nous ne serons pas démasquée comme cela, si nous faisons attention en sortant.

Elle lui tendit le petit paquet enfoui dans ses jupes et y dévoila une rose de fils d'argent, entièrement tissée de ses mains, tentant d'imiter au plus possible les pétales et les feuilles d'une véritable rose.
Elle la posa sur le bureau, puis lui dit :


- Nous la récupérerons après. Tu savais que le forgeron de votre château était adorable ? Il m'a déjà fait une jolie dague pour Tristan et m'a offert des fils de métal pour pouvoir faire tenir la tige de cette fleur.
Au moins elle ne fanera pas et tu penseras toujours à moi.


Puis elle sourit à son amie avant d'attraper dans le panier qu'elles avaient emporté une tenue, se dissimulant des regards de son amie derrière le paravent qui devait servir à Erwan. Un instant elle l'imagina là en train de se dévêtir puis elle poussa un grognement contrarié de cette pensée qu'elle venait d'avoir... Ses joues avaient une légère couleur rose, et complètement honteuse elle secoua frénétiquement la tête, laissant court à la rage et à cette irrépressible envie de vraiment casser quelque chose... Elle se ravisa, son amie n'apprécierai pas.
Avec maladresse elle enfila ce vêtement simple et sans goût, totalement informe et le noua comme elle voyait les domestiques le faire, puis rabattu son capuchon sur ses bouches blondes.

Lorsqu'elle sortit elle s'exclama :


- Eleanor, il faut que l'on cache nos cheveux... C'est bien trop rare pour une domestique de les avoir aussi longs et délicats, elles n'ont pas le temps de s'en occuper comme nous pouvons bien le faire.

Il était vrai que la condition de domestique était difficile et aucunement elle ne dénigrait ces gens là, se doutant bien de ce qu'elle aurait pu ou ne pas être si Key ne l'avait pas élevé. Qui le savait, peut être était elle fille de serf, de paysan ou de lavandière. Pour une fois l'idée ne la rendit pas triste et la fit sourire, malicieusement. Elle regarda autour d'elle et constata l'énorme cheminée.

- Ne me dis pas "ne fais pas ça"... Je vais le faire, oui oui !!

Puis elle alla chercher la cruche d'eau (nous vous rassurons, c'est de l'eau claire) qui avait été abandonnée pleine et n'avait pas été remplacée. Elle l'attrapa et versa un peu du liquide sur les cendres au fond de l'âtre avant de s'en barbouiller les doigts puis les cheveux, quelque peu afin de leur donner un aspect rêche et moins scintillant, mais histoire de ne pas non plus passer pour une pouilleuse. Par chance la couleur des cendres n'accrochait pas mais rendit son blond brillant un peu plus terne et "cendré", lui donnant tout l'air d'une véritable domestique qui n'avait point le temps de soigner son héritage de femme. Elle se retourna vers Eleanor, les doigts gris, et lui dit avec ce même sourire dément accroché aux lèvres :


A toi, Princesse !

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Eleanor Azyrith
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Jeu 10 Mar - 20:52

Très bien, les voilà toutes les deux l’une derrière l’autre, déambulant dans le passage étroit. L’excitation montait peu à peu, pratiquement prête à faire irruption et à pousser la barrière de ses lèvres en un cri furieusement dément. Jamais Eleanor n’avait fait une telle chose. Le goût de l’interdit… Aucune situation n’était plus propice que celle là de fausser compagnie à la garde rapprochée de la jeune et fragile princesse. Fragile, Eleanor ne voulait pas l’être. Car sans s’en rendre compte, à s’enfermer dans cet enchaînement protocolaire, Eleanor en était devenu quelqu’un de très vulnérable, facilement influençable. Et cela, c’était depuis toujours. Même si elle avait été une enfant vivante et gaie, elle avait toujours montré plus de réserve que Laena, et avait bien souvent été entraînée par elle. Bien souvent aussi elle avait joué le tampon entre Erwan et Laena… Erwan devenu plus qu’infernal à l’adolescence et ayant décidé de faire de Laena son souffre douleur. Eleanor qui n’avait de cesse de la défendre et de vouloir calmer son frère. Triste époque ou la jeune femme apprit à s’effacer et se montrer aussi parfaite que possible.

Elle remarqua la gêne de Laena lorsqu’elles arrivèrent enfin dans la chambre. Endroit serein et paisible, où Eleanor n’avait pas l’habitude de venir. Malaise grandissant face à cette ambiance où on reconnaissait facilement qui était propriétaire des lieux. Mais Laena ne se laissait pas démonter, et après un silence elle tendit à Eleanor un présent. Une rose toute de fils d’argent tissée, autour de baguettes en fer forgé. Une fleur éternelle d’une beauté époustouflante. Jamais Eleanor n’avait été très douée avec un fil et une aiguille, elle était plus travaux manuels qui tachent les mains. Des compositions florales ou des travaux d’écriture… Le regard d’Eleanor passa du présent aux yeux splendides et si particuliers de Laena. Elle ne sut rien murmurer d’autre qu’un : merci ; franc et sincère.

-Je ne pense déjà quasiment qu’à toi, comment veux tu que je t’oublie maintenant !! C’est superbe Laena, tu es une artiste aux doigts de fée.

L’évocation de la bonté du forgeron rappela l’état de vigilance instauré à Dénaros et la dangerosité de leur opération. Des épisodes vifs de ce rêve d’évasion, parsemés d’autres ramenant continuellement Eleanor à la dure réalité de la vie.

-Oui, il existe encore en ce monde des personnes capable de donner un peu de soi et de son travail sans rien attendre en retour. Et surtout de faire sourire des gens. Je pourrai donner un peu d’or à ce forgeron…

Elle câlina Laena, le regard fixé vers cette rose aux pétales figés, posée sur le bureau d’ébène. Le sourire lui était revenu. Puis Laena s’éclipsa derrière le paravent pour se changer. Prenant avec une mine un peu dégoutée la seconde robe, Eleanor fit comme Laena et quitta sa belle robe de satin et taffetas et passa la robe des Domestiques. De très simple facture et qui finalement mériterait de se voir améliorée à l’avenir. Elle se contempla quelques secondes devant le miroir incliné dans un coin de la pièce, elle attacha à la ceinture de sa robe une petite bourse contenant quelques pièces d’argent et de cuivre, deux ou trois d’or. Lorsque Laena s’écria qu’il fallait absolument qu’elles cachent leurs cheveux… Mauvaise idée ! Eleanor ouvrit des yeux et une bouche de merlan frit lorsqu’elle vit son amie se pencher dans l’âtre de la cheminée et mélanger eau et cendres, afin de se passer ses mains noircies dans ses magnifiques boucles blondes. La demoiselle se tourna ensuite vers la princesse qui secoua frénétiquement la tête.

-A toi princesse !
-Non ! Laena ne me force pas à faire ça, je veux bien accepter de porter ces tenues ridicules mais là, non, je ne peux pas. Je préfère encore voir mes cheveux crêpés plutôt qu’enduits de cette cendre dégoûtante !


La mine boudeuse, le nez froncé, elle secoua de nouveau la tête, les mains suspendues devant elle en « protection ». C’était vrai qu’elle s’était limite imaginée sortir du château en tenue d’apparat, mais jamais elle ne pourrait faire une telle chose. Et elle n’en démordrait pas, ses cheveux ne seraient pas salis de la sorte. Et ainsi, elle s’avança vigoureusement vers la cruche que Laena avait délestée de son eau, empoigna le linge qui l’accompagnait et alla se placer devant le miroir. Sa couronne de fleurs posée sur le haut du miroir ovale, retirant soigneusement les épingles et bijoux de ses cheveux, elle s’évertua ensuite à cacher sa chevelure d’or sous ce fichu improvisé. Quelques mèches dépassaient, à l’avant, d’autres au niveau de la nuque. Remonta la capuche sur sa tête, elle se tourna ensuite, triomphale, vers Laena et haussa un sourcil avec défi :

-Na !

Puis elle s’appliqua à bien cacher sa robe derrière le paravent, et s’avança d’un pas léger vers la porte. L’oreille collée contre, elle s’assura qu’il n’y avait personne dans le couloir avant de quitter la chambre d’Erwan. Les voilà toutes les deux, méconnaissables, dans les couloirs du château. Eleanor guidait leurs pas, les menant toutes les deux vers une entrée du château plus utilisée par les jardiniers. Une porte dérobée au fond du potager, qui donnait directement sur une rue peu fréquentée de Dénaros. Les délicates mains d’Eleanor se heurtèrent difficilement contre la rudesse du fer rouillé et de la peinture écaillée de la porte.

Dehors. Elles étaient dehors. Cela lui avait semblé être un jeu d’enfant de fausser compagnie aux soldats de Thirit et du château. La princesse fugueuse sautilla de joie, et attrapa les mains sales de Laena.

-On a réussi !!!

Mais déjà elle avait lâché les mains de Laena et se dirigeait vers les sons de la ville qui parvenaient jusqu’à elles. Des bruits de charrettes, des marchands et charlatans qui hélaient la foule, des badauds qui ne faisaient que passer. Eleanor passa sa main sur son visage, déposant au passage un peu des restes de cendre qui provenaient des mains de son amie.

-Il parait que sur la grand’place il y a des troubadours qui font danser les gens ! On y va, dis ?

A ce moment, une petite troupe de soldats Alsariens passa, vêtue de la livrée Azyrith. Eleanor leur tourna le dos, cachant au passage Laena. Puis elle se tourna furtivement, pour les voir se diriger vers la grande porte du château. L’heure était à la fête, et Eleanor avait envie de s’amuser…
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Ven 11 Mar - 12:26

Dehors... Dehors sans une once de surveillance, pas de cocher "chaperon", pas de père, pas de domestiques, dehors !
Elle inspirait un vent de liberté, mais certainement bien moins exhalant que celui que respirait Eleanor, elle, prisonnière de l'argent et des convictions de ses pairs, captive de sa condition. Elle lui lança un sourire entendu et sincère.


-Va pour la grand'place !

Elles se faufilèrent, discrètement en échappant à la vue des gardes, puis s'y dirigèrent.
La fête battait son plein, il y avait troubadours et ménestrels, jongleurs et marchands de tous horizons, et cet étrange bonhomme qui disait qu'il lisait l'avenir dans les pelures de pommes... Laena attrapa son amie par le bras

-Viens viens !! Je veux voir ça !

L'homme criait à tue tête pour attirer les curieux, il disait pouvoir tout dire en épluchant une pomme et en plongeant cela dans l'eau. Une attraction fort étrange et dénuée de sens pour Laena qui ne croyait pas à ce genre de sottises. En s'y dirigeant elle acheta des fraises à peine cueillies pour chacune, puis commença à s'en délecter.
Toujours agrippée à Eleanor, elle l'emmenait vers ce drôle de spectacle entre deux étalages et s'immisça entre la foule qui barrait le passage, les gens riaient et des cris de surprise se faisaient entendre, c'était trop tentant !


-Et vous monsieur, si je peux en croire cette pomme, vous allez trouver une pièce d'or parterre dans quelque jours ! Soyez attentif à vos pieds !

C'était n'importe quoi mais Laena s'amusait à voir les gens s'agiter, vouloir être ceux à qui cet étrange farfadet prédirait un avenir meilleur. Ces pauvres gens crédules n'hésitaient pas à donner des pièces de cuivre pour être soulagés par la bonne aventure. A y regarder plus près, l'homme arborait les traits et les vêtements de bohémiens, et près de lui une femme lisait les lignes de la main. Se retournant vers Eleanor elle sourit et secoua la tête comme pour lui dire "mais que c'est idiot !", chose que la princesse comprendrait forcément sans le moindre mot, elles étaient comme ça.

-Vous là mademoiselle !
La jeune fille se retourna, la bouche pleine de cette délicieuse chair rose elle déglutit et se retourna vers son amie
-Oui oui vous !!

Il éplucha une pomme tandis que la fille Watson -en costume de domestique- enfournait une autre grosse fraise dans sa bouche.

-Si je peux en croire les pommes, un homme au prénom commençant par E tombera sous vos charmes ! Regardez, c'est bien un E que cela dessine !

Laena s'étouffa.
Au bord de l'étranglement ses yeux déversaient quelques larmes de douleur, elle n'arrivait plus à respirer. Elle frappa un bon coup sous sa poitrine puis réussit à prendre sa respiration. Elle regarda le bohémien l'air mauvais avant de rattraper Eleanor par la manche et de la tirer hors de la procession alors que tous avaient ri.


-C'est vraiment n'importe quoi... Qu'ils sont idiots.

Boudant à moitié, la jeune fille continua sa marche en montrant à la Princesse enfin libre les attractions de cette foire de bonne humeur. L'incident fut rapidement oublié.
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Eleanor Azyrith
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Ven 11 Mar - 14:49

Eleanor était presque pire qu’une enfant que l’on amenait voir un spectacle de marionnettes. Tout autour d’elle l’émerveillait telle une explosion de couleurs, de senteurs, de gestes travaillés pour appâter la population. Les marchands et les amuseurs hélaient la foule de passants, pour vendre produits et services. Des fruits de saison, des fleurs étaient vendus et distribués pour la joie de tous. Un tableau parfait qui n’en finissait pas de se dévoiler sous les yeux d’azur de la princesse d’Alsaria, cachée sous son déguisement de domestique. Collée à Laena, elle ne savait où donner de la tête, tant il y avait de choses à voir, tester, goûter et sentir.

Les bohémiens et diseuses de bonne aventure étaient présents en nombre dans la cité blanche et illuminée. Laena entraîna Eleanor vers un homme qui affirmait lire l’avenir des gens dans une simple épluchure de pomme. Amusée, grignotant les fraises que Laena avait achetées, Eleanor pouffa sous les déclarations magistrales de ce manant qui savait amadouer son monde. Le regard malicieux d’Eleanor croisa celui de son amie. Point mot n’était nécessaire pour se comprendre avec les deux. Mais ce fut au tour de Laena, qui suffoqua lorsque le parleur lui dit que l’homme qu’elle saurait séduire aurait un nom commençant par un « e »… Un « e », comme Erwan, l’homme que Laena détestait sûrement le plus au monde. Son roi, qu’elle haïssait pour de toutes autres raisons que sa façon de régner.

Pouffant de rire, la princesse tapota distraitement le dos de Laena. Calmée, celle-ci l’entraîna hors de cet amas de curiosité face à une simple prédiction. Eleanor n’avait jamais réellement cru à ce genre de choses. Cela était amusant, mais de là à en croire chaque mot… Des attrape-nigauds. Eleanor avait englouti toutes ses fraises, qui avaient un goût unique. Probablement était ce du au fait qu’elle se trouvait là où elle ne devrait pas, au milieu d’une foule où pouvait se trouver un traître à la couronne… Mais peu lui importait. Avec l’augmentation de la garde, la présence des hommes de Thirit et de ceux de Thalys, rien ne pourrait se passer. Juste qu’elles soient démasquées.

-Les diseurs de bonne aventure. Ils gagnent leur vie comme ils peuvent. Si cela leur satisfait et que leurs clients le sont. Ca a le mérite d’amuser également ceux qui n’y croient pas une seconde.

Musique

Un groupe de trouvères jouait de gaies mélodies, et une jeune femme toute vêtue d’étoffes rapiécées et pleines de couleurs, agitant des grelots, essayait de ramener de la foule pour danser.

-Viens Laena !!

Déjà Eleanor entamait quelques pas de danse. Elle tendit la main et s’engagea vers les autres danseurs. Quelques minutes suffirent à Eleanor pour se sentir pleine de vitalité et aussi libre qu’un oiseau. Une ronde se mit en place et des binômes se formèrent rapidement pour effectuer la danse. Eleanor tournait et virevoltait avec une incroyable légèreté. Dextérité acquise lors de ses centaines d’heures passé à améliorer son maintien et à danser tout simplement. Cela la changeait énormément des danses tout aussi protocolaires que sa condition, de ces danses qui parfois pouvaient s’avérer d’un ennui total.

Cela commençait à s’avérer… Eleanor s’ennuyait dans sa vie de princesse. Et maintenant, elle voulait s’amuser, vivre une vie hors de cette prison d’or où elle était captive. D’autres gardes passèrent, Eleanor se tourna subrepticement vers Laena. Depuis combien de temps étaient elles sorties ? Est-ce que les gardes rapprochés avaient aperçu leur disparition ? Etrangement, la princesse ne s’en souciait guère. Et accordait sans nul doute que cette robe des plus simples réservée aux employées du château un grand sens pratique. Jamais ce ne serait dans ses robes faites d’une savante superposition d’étoffe rares et chères qu’elles auraient pu aussi aisément se mouvoir.

Usée, Eleanor courra payer à un tavernier qui avait pignon sur rue deux gobelets d’hydromel tiède. Elle trouva un banc de pierre, taillé relativement grossièrement, et s’y assit. Elle tendit son verre à Laena, un sourire figé sur son visage. Elle soupira avant de boire une gorgée du nectar de miel.

-Mon dieu Laena ! Quelle aventure. Si seulement nous pouvions rester là indéfiniment…

La princesse regarda autour d’elle les gens qui bougeaient et festoyaient. La joie insouciante de ceux qui ignoraient le danger qui menaçait la famille royale. Encore moins celle d’Ellandy.


Dernière édition par Eleanor Azyrith le Ven 11 Mar - 18:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Ven 11 Mar - 15:18

La princesse avait l’air d’être heureuse, et cela convenait à Laena qui posait un oeil bienveillant sur sa soeur de lait. L’hydromel était délicieux quoi que lui faisant monter le rose aux joues. Quelle condition...

-Mon dieu Laena ! Quelle aventure. Si seulement nous pouvions rester là indéfiniment…

Laena soupira, légèrement affligée de la naïveté de son amie. Quoi qu’attachant, cette facette avait quand même le don de l’exaspérer quand elle pensait que ces gens qui riaient là dehors ne s’amusaient que lors des festivités parsemées ça et là dans l’année.


-Et bien que crois-tu, demoiselle. Si tu veux y rester indéfiniment je ne m’y opposerai pas, cependant ne doute pas qu’ils pataugent toute l’année dans la boue, certaines fois dans la famine durant l’hiver et au joug des maladies. Crois-tu que ce soit heureux de vouloir rester ici à jamais ?

Elle lui adressa un doux sourire.

-Allez, même si tu es dans une prison tu es une heureuse élue, je voudrais tout de même que tu rentres ça dans ta jolie tête. Mais profites tant que tu y es. Respire un peu.

Imitant une profonde inspiration les yeux fermés, ne se délectant qu’à moitié car aux odeurs de vin et de pain chaud se succédaient celles moins agréables de fumier et de transpiration des marchands et paysans. Laena ne put s’empêcher de retenir un rire à gorge déployée.

-Sincèrement, je préfère tout de même ce que tu es « là bas », je n’ai pas envie de t’imaginer n’ayant pas pris de bain pendant une semaine en ayant travaillé tous les jours durement ! Tu sentirais le poney !

Elle se redressa mais alors qu’elle se levait et entrainait la jeune femme, des gardes passaient à toute vitesse scrutant ici et là les gens. Laena entendit de discrètes confessions des hommes apparemment affolés :

-Bon sang où est-elle ??? Comment s’est-elle échappée ?? C’est un drame si nous ne retrouvons pas la princesse !

« Oh oh » pensa la jeune femme qui se faisait discrète et cachait Eleanor en se mettant devant elle, face à face, ses yeux saphir la fixant avec un sourire mesquin.

-He he... Ils n’ont pas tardé...
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Ven 11 Mar - 16:08

Chassez le naturel, il revient au galop. Laena avait pour elle une intelligence rare chez les gens. Et une lucidité qui épatait toujours Eleanor. Non, elle n’était pas naïve, elle. Contrairement à la princesse qui avait grandi en apprenant des histoires fabuleuses et enjolivées pour ne pas heurter sa sensibilité. Il y a trois jours, quand Thalys lui avait montré sans gêne aucune le corps putride d’un rôdeur aux idées malveillantes, jamais Eleanor n’avait osé imaginer qu’un corps puisse être si mutilé. Voilà une chose à laquelle jamais de sa vie elle n’avait été préparée, élevée avec des œillères. On presque comparer Eleanor à une princesse de conte de fées : une jolie fille enfermée en haut d’un donjon dans l’attente de son prince charmant. Et tout à fait dénuée d’idée réelle concernant la vraie vie.

Lorsque Laena lui répondit, elle haussa les épaules, faisant une moue d’excuses.

-Pourquoi faut-il que tu aies toujours raison ? Et que je sois si stupide ! Rêver de quitter une vie que beaucoup m’envient… Ne nous manque que ce que l’on connait… Jamais je ne pourrai vivre sans hygiène ou sans mes robes et bijoux. C’est vrai qu’un cheval ça pue.

Elle fronça les sourcils avec sérieux. Toutes les deux avaient le don de réussir sans le vouloir à se rendre compte de certaines choses auxquelles on était si habituées qu’on n’y pensait pas vraiment. Jamais Eleanor n’allait se promener près des écuries… L’odeur de bête et de paille lui incommodaient ses royales narines. Elle fut prise d’un rire compulsif.

Mais elle plaqua sa main devant sa bouche lorsqu’elle entendit des gens s’exclamer. Les soldats s’étaient déjà rendu compte qu’elles avaient disparu du château… Un peu refroidie, mais non moins amusée, Eleanor répondit à Laena, qui la cachait :

-Non, ils n’ont pas tardé, mais maintenant il va falloir rentrer sans se faire prendre. Qu’ils nous attrapent au moins dans le château, et au mieux sans ces oripeaux.

Elle leva la tête au dessus de l’épaule de Laena pour se rendre compte de l’agitation sur la place. La langue entre ses dents, elle imagina un plan de retraite. Elle attira l’attention sur une ruelle à laquelle personne ne prêtait attention.

-Laena, on se faufile là bas et on reprendra une fois à droite pour reprendre la direction du palais. J’espère qu’ils ne vont pas penser à surveiller la porte du potager.

Et elle contourna son amie. La capuche bien enfoncée sur sa tête pour masquer au mieux son visage, Eleanor s’élança entre les festoyeurs vers son objectif. Tête légèrement baissée, elle slaloma entre les gens et gagna sans trop de peine cette petite rue trop étroite pour qu’on y aille faire la fête. Elle se retourna pour s’assurer que Laena la suivait bien et lui fit un signe avant de s’élancer d’un pas rapide, qui se rapprochait de la course, le long de cette rue. Le sol n’était pas pavé, et Eleanor du relever sa jupe pour courir plus à son aise. Une autre ruelle, à droite, elle s’y engouffra, sans un regard derrière elle. Son ouïe lui indiquait que Laena était toujours près d’elle. Elle ralentit le pas, essoufflée, et jugeant la distance qu’elles avaient mise entre la grand’ place et elles suffisante. Dans ce silence, la panique commença à monter. Si elles ne parvenaient pas à rentrer… Encore quelques rues à prendre, une grande rue à traverser pour se retrouver face à la forteresse, et une seule porte à passer. Elles seraient en sécurité. Mais si elles étaient prises à leur propre jeu ? Ce n’était plus loin maintenant. Il fallait être prudentes.
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Ven 11 Mar - 17:52

L’information était remonté rapidement jusqu’à Thirit, enfin rapidement, ce n’était pas vraiment du goût du commandant. Les responsables de la surveillance au moment de la disparition durent lui faire un compte rendu assez détaillé. Il n’y avait pas 36 solutions : Soit elle s’était échappé, soit on l’avait forcé… D’un pas rapide, il rejoignit les appartements de la jeune femme, et posa son regard sur les alentours. Aucune trace de lutte… La première solution semblait la plus logique, mais il ne pouvait pas vraiment prendre le risque.

Doucement, il se retourna et attrapa un papier et une plume, commençant à écrire tout en donnant ses ordres :


Faites calmer les gardes du palais, je ne veux qu’aucune rumeur circule sur cette disparition. Envoyer les fantômes aux portes du palais, qu’ils surveillent la moindre sortie, je ne veux pas qu’elle puisse quitter la capitale de gré ou de force est-ce claire ? Faite retirer les gardes des ruelles, et remplacé les pare les fantômes, ils seront plus discrets. Si elle est repérée seule, laisser là, si elle est sous la menace de quelqu’un, faites le nécessaire… Rompez…

Les 2 officiers qui l’avaient suivi inclinèrent la tête et disparurent dans le cadre de la porte. Thirit se redressa doucement, et remplia le papier qu’il disposa sur la table avant de partir. Sur celui-ci on pouvait lire :

Quand ça seigneurie aura fini de faire sa petite ballade, elle sera bien aimable d’accepter d’accorder audience à ce qui lui sert de protecteur.
En m’inclinant bien bas, Thirit de Thani
t

Le ton ironique n’était nullement caché, même si ce n’étaient que des mots sur un bout de papier.

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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Lun 14 Mar - 12:52

La course était exaltante, s'engouffrant ça et là dans les ruelles pavées, elles manquaient de glisser sur les dalles de pierre, esquivant tantôt chariots et tantôt ânes qui servaient à porter le fruit de l'agriculture ou du travail des paysans qui travaillaient les terres d'Alsaria et qui s'étaient rendus tout spécialement pour l'occasion dans la ville haute et près du château.

Laena voyait l'endroit par lequel elles étaient sorties se rapprocher. Il y avait des hommes du seigneur, elle attrapa Eleanor un peu devant elle pour lui dire de ralentir sa course.


-Doucement, on va être prises si on va aussi vite.

Continuant leur procession tout comme l'auraient fait deux jeunes domestiques elles attendirent de ne plus être en vue des hommes de Tanit avant de s'engouffrer dans le passage secret dissimulé de l'extérieur par de larges descentes de lierre et de plantes grimpantes. Pouffant, Laena s'amusait de cette situation, et son amie était enfin sortie même si la ballade fut de courte durée.
Elles arpentaient silencieusement les sombres couloirs de pierre, puis se retrouvèrent là où elles s'étaient retrouvées afin de se déguiser, dans les appartements d'Erwan.

Quelque peu soulagée de ne pas s'être fait prendre, Laena regardait la princesse en hochant la tête.


-Il s'en est fallu de peu... Nous devrons nous changer... Et moi je devrais faire disparaitre ces traces de cendre... Dépêche toi de retourner dans le bureau après t'être changée, ils se fichent de ma disparition, à moi. Et s'ils te trouvent il n'y aura aucun problème.

Se hâtant, elle ôta les vêtements de bonnes qui la grattaient. Ces étoffes étaient bien moins délicates que ses robes. Elle soupira et replia délicatement les tissus puis les remis dans leur panier. Elle en fit de même avec celles d'Eleanor.

Lorsque cette dernière ne fut plus dans les appartement d'Erwan, la jeune fille se dirigea à l'endroit où se trouvait la cruche d'eau claire. Soigneusement, elle lava ses cheveux afin que plus une trace de cendre ne parsema sa claire chevelure. Les cheveux détrempés, elle resta là, observant la pièce sans un bruit, afin de ne pas alerter les gardes qu'elle entendait rôder dans les couloirs qui menaient aux appartements royaux.
C'était une bien belle pièce, aux traits de la royauté.
Laena s'assit dans un fauteuil recouvert de cuir brun aux volutes dorées et contemplait ce qui s'affichait devant elle. Erwan...
Ses yeux affichaient avec traitrise la tristesse, peut être avait-il eu ses raisons, mais depuis leur adolescence, à part l'entêtement persistant de Laena à vouloir lui faire payer à tout prix ses actes, ils n'avaient pas parlé une seule fois, réellement, posant à plat les griefs qu'ils avaient l'un envers l'autre. Elle regardait la rose d'argent oubliée sur son bureau, celle d'Eleanor qui avait tout fait pour calmer les discordes entre eux-deux sans jamais y parvenir.

Il était étrange de se dire qu'enfants, tous trois avaient été très proches, mais le sort avait été jeté et avait fait que le jeune roi, en prise avec ses positions à la mort de sa mère avait certainement exulté une forme de violence à son égard parce qu'il ne l'avait pas pu avec sa sœur. C'était du moins ce que pensait Laena, qui se faisait violence afin de ne pas saccager la pièce richement décorée. Resserrant ses doigts sur les accoudoirs de bois sombre, serrant les dents, elle se rappelait de leur mère, déambulant dans cette immense salle qui était sienne avant sa mort, alors que trois chenapans turbulents arpentaient la pièce et y jouaient à cache-cache, se perdant dans les moindres recoins d'une malle à vêtements, derrière cette tapisserie gondolante ou sous cet énorme fauteuil recouvert de tissus d'azur et d'argent qui avait maintenant disparu...

Disparu avec elle.

La jeune Watson se demandait comment Eleanor pouvait être aussi insouciante et gaie avec ce qui était arrivé, ces responsabilités. A vrai dire elles n'en avaient jamais parlé, la douleur était peut être trop forte pour qu'elle veuille se dévoiler.
Peu important à présent. Laena se leva et regarda une dernière fois la pièce qui avait pris l'identité du nouveau roi.
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Eleanor Azyrith
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Sam 19 Mar - 22:23

C’était miraculeux : elles ne s’étaient pas fait prendre. Si Eleanor faisait remarquer une faiblesse de la surveillance du château au niveau du jardin, elle se trahissait… Elle n’arrivait même plus à se rappeler la façon dont elle et Laena avaient fait pour parvenir sans encombres à regagner la chambre d’Erwan. Soit. Dans tous les cas, c’était fini. Leur petite virée fut courte mais agréable, et Eleanor ne regrettait ce qu’elle avait fait pour rien au monde. Elle se réjouit de pouvoir retirer les vêtements grossiers dont elle était affublée. Cachée derrière le paravent elle enfila sa robe fluide et douce et soupira d’aise. Reparue dans la pièce, elle replaça rapidement ses épingles dans ses cheveux lâchés et remis ses quelques bijoux.

- Tu es sûre que ça va aller pour toi ? Je suis désolée, en ce moment il semblerait que nos rendez-vous doivent être courts. J’aimerai tellement passer une journée entière avec toi…

La princesse fit la moue puis enlaça rapidement son amie avant de se rediriger vers le passage dérobé. Un dernier clin d’œil vers sa « sœur ».

-Merci pour tout Laena !

Et elle s’engouffra droit dans le corridor. Son pas était rapide, son cœur battait à toute allure, partagé entre l’angoisse de ne pas savoir ce qu’elle allait trouver dans le bureau du roi, et la joie d’avoir pu s’évader l’espace de se vider l’esprit. L’entrée du bureau se rapprochait. Qu’allait-elle y trouver… Ce passage allait il rester secret… A pas de loups, Eleanor s’avança le plus possible de la tenture, l’oreille tendue. Pas un bruit. Lentement, elle tendit la main vers le tissu brodé, tremblante, respiration bloquée. L’ineffaçable idée que quelqu’un l’attendait juste là, derrière cette tenture, menaçant, trottait dans sa tête.

Mais il n’y avait personne. De retour à la clarté, Eleanor tourna la tête sans trouver aucun soldat. Rassurée, elle s’élança vers le bureau, où elle se laissa tomber sur le fauteuil. Affalée, le dos rond, elle remarqua une note écrite à la va vite et déposée sur le bureau. Thirt. Thirit était passé par là. Et il n’était pas content…Malgré cela, Eleanor ne parvenait toujours pas à culpabiliser d’avoir fait ce qu’elle venait de faire. Fatiguée, elle passa sa main sur son visage et froissa le morceau de papier gribouillé. Eleanor grogna en voyant que la plume que le soldat noble avait utilisée pour écrire son message n’avait pas été remise à sa place. Et avait laissé goutter les restes d’encre sur le sous-main de cuir.

Dans tous les cas, maintenant, elle allait devoir fournir une explication quand à sa disparition du bureau sans que les gardes s’en aperçoivent… Eh oui, chaque action avait ses conséquences. Et le seul moyen pour la princesse d’échapper un peu à la pression de cette surveillance, bien qu’à bonne distance, allait disparaître. Ses yeux se posèrent sur les deux couronnes de fleurs qu’elle avait confectionnées plus tôt dans la journée. Sans pouvoir se rappeler quand Laena et elle les avaient enlevées de leurs têtes. Elle se souvint alors du présent de Laena, la rose d’argent qu’elle lui avait offert juste avant qu’elles se changent, et que dans sa hâte elle avait oubliée chez Erwan… il était trop tard maintenant pour retourner la chercher. Et puis elle était en lieu sûr.

Après avoir réfléchit à toute vitesse, Eleanor décida de se lever, et s’apprêta à sortir. Elle fit tourner la clé dans la serrure, entendit du mouvement derrière la porte, et l’ouvrit juste assez pour pouvoir passer. Deux de ses gardes l’observaient avec des yeux ronds.

-Je vais dans mes appartements, prévenez le seigneur de Thanit que je l’y attends.

Et sans un regard de plus vers eux, sans attendre de réponse ou qu’ils prononcent le moindre mot, elle s’éloigna d’eux.
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Erwan Azyrith
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Dim 20 Mar - 20:50

Cela faisait maintenant bien longtemps que cette chevauchée endiablée se perpétuait. Trop longtemps pour Erwan qui, à maintes reprises, avait pu ressasser les récents événements dont il avait été fraichement mis au courant. La menace planant sur les Azyrith l’avait alarmé, et poussé à suivre la volonté des guerriers venus le quérir. Mais l’empoisonnement dont ils eurent vent confirma ses craintes, et le poussa à hâter leur retour à Dénaros du mieux qu’ils purent. Suivant le conseil des soldats venus à sa rencontre qui refusaient de l’exposer aux espaces trop dégagés, ils chevauchaient au cœur de la forêt, gardant inlassablement le cap. Il était devenu une proie. L’objet de traque de ses chasseurs invisibles, qui guettait le moindre de ses faux pas. Il détestait cela. C’était pourtant là le prix de la couronne. Maintenant qu’il pouvait presque effleurer les murs immaculés de la cité, Erwan fut saisi d’un doute. Une peur profonde et indomptable, qu’il avait jusqu’alors réprimée. Et s’il était arrivé malheur au château durant son absence ? Alors qu’ils approchaient, la vue des gardes, visiblement soulagés, lui permit d’estomper ses doutes. Derrière les grilles et les soldats, les rues vibraient d’odeurs et de musiques, troubadours usant de leurs charmes pour séduire les foules et faire sourire les habitants. Rien qui ne laissait prédire les malheurs qui l’avaient hanté durant sa cavale. Ôté de ses mauvais présages, il s’en retourna vers ses propres soldats, leur adressant un bref signe de tête, les intimant à l’accompagner jusqu’au château, avant d’être en libéré de leur charge. Inspirant profondément, Erwan se mit en marche à la rencontre des gardes de la cité, qui lui annoncèrent sans surprise qu’il devait se rendre sans plus attendre au château, afin d’être mis au courant de la situation du royaume. Acquiesçant silencieusement, ils se mirent en route vers le palais, suivant le Roi au sein des ruelles qu’il jugeait les moins fréquentées au vu de l’animation régnant dans la grande place.

Le soleil avait largement entamé son déclin lorsque Erwan posa finalement pied à terre, gratifiant les cavaliers l’ayant escortés de l’autorisation de regagner leurs familles. Les guerriers venus le quérir le quittèrent quant à eux sans plus de discours, le laissant aux soins d’autres hommes qui s’avancèrent à leur tour, se figeant à distance respectable du jeune souverain, agacé malgré lui d’être étouffé de la sorte aux portes de son propre palais. Quel fou aurait tenté de le tuer au milieu de ses soldats et de ses gens ? Pourtant, il n’exerçait pas le moindre pouvoir sur ces soldats qui n'étaient pas les siens, et n’était pas suffisamment sot pour tenter d’asservir ces hommes régis par la force et le fer. L’une d’entre eux s’avança vers lui, adressant une brève révérence, avant de planter dans le sien son regard teinté des couleurs de la volonté et de la détermination.

« Votre Majesté. »

Répondant d’un bref signe de tête, Erwan lui emboita le pas, pénétrant enfin au cœur du château. Là, il ne trouva qu’un château calme, où ne résonnaient que les cliquetis métalliques des soldats en patrouille. Lorsque les portes se refermèrent, le jeune Roi s’arrêta, contemplant silencieusement les murs qui avaient cernés sont enfance. Il y avait bien des années qu’il n’avait pu profiter d’une demeure aussi calme. Mais aujourd’hui, les funestes auspices planant sur les royaumes rendaient ce répit bien amer. A sa droite, la Dame l’accompagnant s’arrêta à son tour. Quelques instants silencieux passèrent ainsi, laissant au Roi le loisir de baigner dans une douce nostalgie des temps à jamais perdu. Il ne s’y risqua pourtant qu’un bref instant, reportant son regard sur les affaires bien plus urgentes qui le menaçaient.

« J’ai pu apprendre de vos hommes les principaux éléments du complot qui se trame. Néanmoins, il me faut maintenant en savoir plus, sur ce qui se trame dans l’ombre avant de m’entretenir de la conduite à adopter. Avez-vous réussi à glaner de nouvelles informations ? »

Le récit débuta alors, laissant au Roi le loisir de découvrir le fléau grondait à présent, menaçant l’équilibre précaire de l’après guère que tant d’âmes s’étaient évertuées à instaurer. Les questions sans réponse affluaient alors. Faire déchoir les souverains de Tosya ? Comment pouvait-on imaginer une alliance assez influente pour menacer tant Alsaria qu’Ellandy ? Dans quel but ? Ce fut sur ces réflexions qu’Erwan la pria de faire prévenir les hautes personnalités militaires d’un éminent conseil, lors duquel il comptait bien reprendre en main l’ordre des choses qui lui semblait à ce jour bien précaire. Cependant, il n’en dit rien, préférant garder pour lui l’avènement sombre qu’il voyait peu à peu naître dans les royaumes de Tosya.

Après une brève discussion, ils convinrent que le conseil aurait lieu à l’arrivée de Dame Aisleen, qui symboliserais le partit des hommes venus assister son château. Erwan obtient par la suite d’être dispensé d’une garde pour retourner à ses appartements, désireux de se changer de sa cavale avant d’aller rejoindre sa sœur qui, il l’espérait, ferait preuve d’explications moins formelles sur ce qui se tramait à présent.

Plus il progressait dans les couloirs de pierre, et plus il songeait que son absence lui avait fait perdre le contrôle des événements. Tout c’était passé bien trop vite, et ces nouveaux hommes venus s’ajouter aux siens, se présentant comme des alliés, étaient porteurs de lourds soupçons. Sans doute Eleanor avait-elle permit que ces hommes prennent part à l’coupement stratégique du palais. Il avait besoin d’en apprendre un peu plus avant d’être en mesure de réfléchir à une possible issue – car là était son unique objectif.

Désert. Le couloir donnant à ses appartements ne comprenait pas âme qui vive. Il n’en fut guère étonné, au vu de son récent retour, les gardes avaient sans nul doute été délégués aux chambres occupées. Ainsi, pour la première fois depuis bien longtemps, il pu rester là, un instant silencieux, à caresser du bout des doigts la grande porte donnant à la suite royale. La suite qui, pendant tant d’années, avait été celle de sa bien aimée mère… Secouant la tête pour oublier toute mélancolie, il poussa la lourde porte d’un mouvement brusque, découvrant la lumière éclairant les pans de sa chambre, où flottait encore cette odeur légère qui avait bercée son enfance.
Ce qui le surpris plus, fut de découvrir, au cœur cette pièce emplie de souvenir, une longue silhouette aux cheveux ruisselants. Pendant un instant, il fut déconcerté de trouver, en ce lieu, une présence qu’il n’avait imaginé y retrouver un jour. A ses yeux, elle n’avait pas changée. Si ce n’était qu’à présent, elle était devenue une femme. Et lui, un Roi à l’origine de la profonde rancœur qu’elle nourrissait…

« Leana ? »

Combien de fois avaient-ils chahutés dans cette chambre, sous le regard attendrit de sa mère ? Combien de fois déjà Leana avait-elle été là pour les deux enfants de sang bleu ? Et pourtant… Les choses avaient finies par changer. Un fugace instant, le soulagement que lui procura la vue de cette Dame et amie de sa sœur remplaça les mœurs du passé. Pour la première fois depuis bien des années, il lui accorda un franc sourire, oubliant cette intrusion improbable dans ses appartements.
Ce bref instant fut sans doute trop long. Et pourtant suffisant pour qu’il réalise qu’Eleanor était entre de bonnes mains.

« Je t’écoute. Qu’avez-vous encore fait, toutes les deux, en mon absence ? »
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Laena Watson
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Lun 21 Mar - 21:46

Perdue dans des pensées sauvages et lointaines, Laena se leva et se dirigea vers le bureau en bois laqué, tellement lisse sous ses doigts. Elle posa la main sur la fleur d'argent mais se retourna brutalement alors que la porte derrière elle s'était ouverte.
Son cœur se mit à battre de plus en plus fort, ses tempes criaient, ses yeux restèrent interdits et ses lèvres rosées entrouvertes et muettes alors que se dessinait une silhouette familière. Une silhouette qu'elle aurait préféré ne pas croiser ici alors qu'elle se trouvait sur son territoire le plus intime.

Un léger hoquet accompagna le soubresaut qui la fit presque défaillir, son esprit baignant dans une brume de culpabilité, de honte et de ce malaise qui naissait constamment entre eux à chaque fois qu'ils s'étaient croisés...
Ils ne s'étaient jamais retrouvé face à face depuis si longtemps...
Il avait changé.

Laena déglutit lorsqu'elle entendit son nom et croisa le regard sombre du jeune roi, souligné par un sourire franc. Ses prunelles saphir vinrent se perdre sur l'orle de ses lèvres qui affichaient trop naturellement une félicité à l'origine incertaine et trouble. Il avait changé... Et le jeune impudent qu'elle haïssait revêtait une forme nouvelle, bien plus majestueuse. Peut être était-ce le temps qu'elle avait passé sans même le regarder alors qu'aux réceptions il était là, loin, dissimulé par la foule, peut être étaient-ce les jours écoulés sans avoir voulu croiser ces yeux perçants.

Et elle se trouvait là, en face de lui, aussi dissemblable que l'étaient le jour pour la nuit, le soleil pour la lune, aussi différent qu'il était d'Eleanor, aussi différent d'elle.
Distraitement elle se mordit la lèvre afin d'atténuer les spasmes qui secouaient sa main. La jeune fille resserra ses doigts sur la fleur qu'elle porta instinctivement contre sa poitrine, les deux mains entrelacées et resserrées autour de sa tige.


"Je t’écoute. Qu’avez-vous encore fait, toutes les deux, en mon absence ?"

La jeune femme sut à ce moment qu'il n'était nulle échappatoire à cette question déjà lourde de sens. C'était comme si l'emprise de son regard lui empêchait toute fuite. Comme si sa présence l'écrasait et la forçait à tout avouer. Après quelques vaines tentatives, sa voix cristalline se décida à percer l'air telle un crocus qui montrait la pointe de ses pétales en plein hiver.


"Il ne me sert à rien de te mentir tu sauras tout par toi même, de toutes les manières..."

Mais elle ne put dire plus, trop perturbée par sa présence et par ce que son regard lui faisait endurer. Doucement elle s'avança, les yeux baissés avant de poser la rose sur son torse dans l'espoir qu'il l'attrape et soit détourné de sa question première. La jeune femme croisa ses yeux de braise et sortit des appartements par la porte sur le seuil de laquelle il était, en psalmodiant simplement :

"Désolée pour cette intrusion, ne t'inquiètes pas nous n'avons touché à rien."

Puis elle avança en le dépassant, prenant garde à ce que son visage ne prenne pas les teintes vermeil caractéristiques de sa gêne.
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Erwan Azyrith
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Dim 27 Mar - 13:53

Le temps réserve parfois d’amères surprises à celui qui n’y prend gare. Cette idée tourmentait Erwan qui, du seuil de sa chambre, observait la silhouette mourante de Leana. Etait-ce son rôle de Roi qui n’avait jamais laissé aux deux jeunes gens le temps de se retrouver, en dépit des années perdues ? Peut-être pas. Pourtant, les conséquences étaient bien là, et il ne pouvait plus les ignorer. En cet instant, il aurait pu sentir la peau de la noble demoiselle se dérober à ses doigts, s’estompant, disparaissant jusqu’à ne laisser que des bribes de souvenirs lointains. Parfois, eux même lui semblaient étrangers. Du haut de son trône, il n’avait su conserver son amie la plus franche et fidèle, comme il l’avait pourtant tant proclamé dès leur plus jeune âge.

Leana disparue, Erwan tourna son regard vers la délicate rose argentée glissée entre ses doigts. Effleurant avec admiration l’ouvrage riche et emprunt d’une finesse surprenante, il réalisa qu’il ne l’avait pas vu devenir une femme. Comme il ne s’était lui-même pas vu devenir un homme. Ses paupières se refermèrent sur ses iris bruns. Un Roi juste… L’avait-il vraiment été avec elle ? Caressant les pétales ciselés, Erwan imaginait sans peine que cette rose ne lui était sans doute pas destinée. Pourtant, il jugea juste de lui apporter les égards mérités par une telle œuvre. Les lourdes portes de la suite royale se refermèrent sur lui, alors que le Roi se mit en quête d’un piédestal assez digne pour honorer ses souvenirs d’antan. Son choix se porta sur un étroit vase de verre soufflé, dont il trouva l’éclat cristallin suffisant pour y placer la rose d’argent. Cependant, le temps n’était pas à la contemplation, et très vite, Erwan dû s’extirper de la toile de ses souvenirs. Son regard parcouru un instant la pièce, jusqu’à s’arrêter sur le coffret contenant la longue rapière immaculée dont il avait hérité. S’approchant à pas feutré, il s’agenouilla en bon Roi pieu, fermant les yeux, s’accordant une prière fugace à la mémoire de sa mère. Le présent balaya toutefois la mélancolie, et le Roi du presser le pas. Bien vite, il s’empara de quelques étoffes et habits tant sanglés que distingués, fit un bref tour de sa chambre, et se dirigea enfin vers la salle d’eau, détour qui lui sembla indispensable s’il voulait être présentable avant d’exercer de nouveau son pouvoir au sein du palais.

Lorsqu’il s’extirpa de l’eau, s’enroulant dans les linges présentées par une bonne, Erwan se sentit un homme nouveau. Pour la première fois depuis de nombreuses heures, il pu rouler des épaules sans subir les désagréables répercutions de sa récente cavale. Ses membres lui semblaient à présent plus légers, et il gratifia d’un sourire les bonnes qui avaient sues apaiser ses muscles endoloris. Revêtant un pantalon de toile et un vêtement gratifié d’une discrète spallière de cuir noir, Erwan préférant oublier l’image d’un riche Souverain pour celle d’un dirigeant droit et consciencieux. Au fond, telle était la vraie image du nouveau Roi d’Alsaria. Glissant à son doigt une chevalière gravée du blason royal, Erwan permit aux bonnes de disposer, avant de s’en retourner à sa chambre.

Lorsque les portes s’ouvrirent, Erwan retrouva la même pièce qu’il avait abandonnée quelques instants plus tôt, sans que personne ne l’y attende. Aussitôt, il se glissa entre les portes béantes, et héla deux de ses gardes qui passaient par là. Les deux hommes s’avancèrent aussitôt, saluant leur Roi qui leur adressa un bref signe de tête, trop préoccupé pour se soucier des usages.

« Allez quérir la Princesse, et dîtes lui de venir me rejoindre dans mes appartements.
J’ai à lui parler. »


Les soldats acquiescèrent, s’en retournant par couloir dont ils venaient d’arriver. Refermant ses portes, Erwan resta ainsi quelques instants, songeur. Eleanor… Qu’en était-il de sa jeune sœur ? Il supposait sans trop de doutes que Leana était venue la rejoindre avant qu’il ne la surprenne. Ainsi, il ne se faisait guère de soucis quant-à son état. En réalité, l’inquiété surtout les récents événements. Comment avait-elle perçue ces vifs changements, ce bousculement soudain de leur calme quotidien ? Il le saurait bien assez tôt.
Son premier réflexe fut de se parer de la lame héritée de sa mère. Une fois l’arme ceint à sa taille, enveloppée dans un fourreau aux couleurs de l’ébène striée d’or, il s’installa derrière son large bureau, attendant patiemment que la porte s’ouvre. Dans l’attente, son regard vint se reposer sur la rose, dont les pétales rayonnaient sous l’éclat de l’astre du jour. Il savait que l’on risquait de bientôt venir la lui reprendre. Mais qu’importe. Ce présent éphémère l’avait déjà réconcilié avec bien des souvenirs.
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Eleanor Azyrith
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Dim 10 Avr - 9:48

Arrivée devant la porte par laquelle elle était passée il y a maintenant une ou deux heures, voire plus, Eleanor resta quelques secondes silencieuse. Se tordant les mains, elle hésitait à toquer ou rentrer directement. Erwan avait il croisé Laena, ou avait elle eu le temps de sortir avant son retour ? Si tel était le cas, la princesse allait devoir donner à nouveau des explications, et rendre des comptes à son frère, et au roi. Mais l’heure n’était plus aux regrets ou au doute, et Eleanor leva sa main pâle vers la porte puis toqua trois petits coups avant de pousser délicatement la poignée.

Elle était rentrée. Et lui aussi. De retour au palais pour gouverner. Soudain Eleanor se retrouva comme une enfant, face à cet homme si beau et altier qu’était devenu son frère aîné. Une petite fille heureuse. Comme elle avait été heureuse de revoir Laena et de s’enfuir avec elle. Ses mains plaquées dans son dos, Eleanor s’avança vers le bureau où gisait la rose tissée de son amie. La rose oubliée. Son bleu regard s’y attarda quelques minutes avant de se rediriger vers le visage caractéristique d’Erwan. Il l’attendait.

-Bonjour, dit elle timidement, le visage cependant rayonnant.

L’envie de courir lui sauter dans les bras la démangeait plus que tout, mais une force inconnue l’en empêchait et la retenait. Un frein bien étrange, peut être du au remords soudain d’avoir pris des risques inutiles. S’il apprenait l’entière vérité, il serait probablement déçu, elle le savait. Mais son attitude gênée la trahissait entièrement. Et il n’aurait pas de mal à tout deviner.

-Tu as fait bon voyage ? Je suis si contente de te savoir de retour, et entier !

Puis le frein céda. Eleanor accouru près d’Erwan, contournant le bureau qui les séparait. Et elle tâta le torse et le visage sains de son frère. Son sourire ne la quittait pas désormais. Ses yeux, pétillants de la malice dont elle avait hérité d’elle ne savait qui, parcouraient Erwan avec joie. Quel plaisir d’enfin retrouver un visage ami dans ce vaste château. Un visage qui ne tarderait pas non plus à disparaître pour s’occuper d’affaires plus importantes et du royaume, qu’elle n’aurait le privilège de voir que rarement.

-Je vais alors repousser mon départ pour le domaine Azyrith, je tiens à profiter de ton retour. On va organiser un banquet, le grand banquet de printemps. Pour fêter ton retour. Tu es d’accord ? Je t’en prie, dis moi oui !!!

Excitée comme une puce, Eleanor lança à son frère un regard mielleux et implorant, s’accordant avec une moue calculée pour le faire céder quoi qu’il en pense. Quelle joie vraiment.
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Erwan Azyrith
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Mer 13 Avr - 13:04

L’attente lui sembla longue. Ainsi, dès que les trois coups délicats retentirent sur le bois sculpté, Erwan abandonna aussitôt sa plume pour porter un regard plein d’espoir sur la porte close. Lorsque Eleanor apparue, son visage s’illumina. Aux cheveux soyeux succédèrent deux iris d’azur, saphirs étincelant qu’Erwan pu saisir du regard un bref instant. Plus que jamais, il pu découvrir quelle ravissante jeune femme elle était devenue. Quittant son siège, bien trop enchanté pour prendre en compte les formalités suspectes de sa sœur, il pu néanmoins suivre son regard assez longtemps pour comprendre l’objet de son intérêt. En réalité, il n’en fut que peu surpris, et préféra reporter les blâmes une fois leurs retrouvailles achevées. Ainsi, lorsqu’elle vint enfin à lui, il l’accueilli avec le même enthousiasme. Sa main caressa sa joue, soulignant l’impensable contraste d’un même sang. Alors que ses iris bruns couvraient la princesse d’un regard protecteur, il lui retrouva la fraicheur réconfortante d’une sœur débordant d’amour. Tout Roi qu’il fut, il ne sut lui rendre qu’un même sourire chaleureux, s’égaillant à la vue d’un regard qu’il regrettait à présent d’avoir si longtemps abandonné. A présent de retour, ses inquiétudes calmées s’apaisèrent, ne laissant derrière elle que la joie de retrouver cette damoiselle tant chérie indemne.

« Tout c’est bien passé, souffla-t-il calmement, résolu à ne pas laisser planer plus craintes dans le cœur de la princesse. Je suis vraiment heureux de te revoir. Le temps m’a semblé long. »

Retirant sa main, il n’eut pas le temps de protester que, déjà, Eleanor l’assaillit avec une volonté qu’il n’aurait pu surmonter. Un banquet en des temps si trouble semblait une idée bien risquée, mais face au regard de sa sœur et après une telle absence, Erwan n’aurait rien sut lui refuser. De plus, Alsaria se devait de demeurer aussi lumineuse et vivante qu’à l’accoutumée. Un banquet était le moyen le plus sûr de garantir au peuple la sécurité, et de ne pas laisser la crainte s’emparer du pays.
Bien qu’osée, Erwan jugea cette requête recevable. Quel frère aurait pu refuser à sa sœur un tel caprice après une telle absence ? Il ne se sentait pas la force de gâcher l’enthousiasme contagieux dont faisait preuve Eleanor.

« Très bien, très bien. Mais il faudra faire très attention. Si les rumeurs sont vraies, nous devrons prendre garde à ne pas faire de ce banquet une occasion parfaite. Est-ce bien comprit ? »

Un instant, il s’inquiéta de l’insouciance de sa sœur, mais se ravisa. Eleanor elle aussi était devenue une adulte. Elle saurait se comporter comme telle, et saurais se préserver des risques. Du moins… Il l’espérait.

« J’ai cependant une condition, mentionna-t-il en plongeant son regard sévère dans les prunelles bleu de sa sœur. Qu’avez-vous donc fait, toi et Leana ? »
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Eleanor Azyrith
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Mer 13 Avr - 17:43

La merveilleuse sensation que de sentir glisser sur sa joue cette main protectrice. Cette main à la teinte hâlée si différente de la peau d’opale de la princesse. Une peau, un visage d’un père inconnu et oublié. De superbes souvenirs d’enfances refirent surface sous cette caresse, mais ce moment de quiétude et de soulagement fut brisé par une question qui annonçait l’heure des sermons.

« Est-ce bien compris ? »


Eleanor leva les yeux vers Erwan et prit son air le plus sérieux. Sourcils froncés elle lui répondit d’une voix toute assurée et vive :

-Très bien assimilé, majesté !! Rien qui puisse porter atteinte à notre sécurité où à celle de nos invités. Je ne commettrai pas l’imprudence d’une telle chose…

Puis le visage de Laena s’imposa dans sa tête, et la petite voix de sa conscience lui rappela sa petite aventure de l’après-midi. Eleanor se mordit la lèvre. Elle comprit également que le regard que son frère plongeait dans ses yeux bleus rendrait impossible toute tentative de persuasion quelle qu’elle soit. La princesse abandonna alors sa mine candide pour aborder avec tout le sérieux dont elle était capable… Une dernière carte pouvait être abattue, mais jouée finement pour s’en tirer sans trop de remontrances.

-On n’a rien fait de mal. Et ne crois pas que nous étions inconscientes de faire ce que nous avons fait, car ce n’était pas le cas. Nous avions pleinement mesuré l’importance de notre acte.

Ce regard, elle l’avait déjà vu. Jamais sur son frère, mais sur sa mère. Alina avait déjà opéré cette attitude lors de conférences avec quelque hauts dignitaires Alsariens et étrangers. Et lorsqu’elle avait capté cette attitude, Eleanor comprit aussitôt qu’il valait mieux faire profil bas et ne pas essayer de jouer au plus fin. La princesse abandonna alors son idée et décida de jouer la carte de la franchise. En premier lieu, elle lui tourna le dos, puis alla prendre la rose factice, qu’elle serra contre son cœur. Et elle fila droit vers la fenêtre, comme elle en avait l’habitude, vers la liberté.

-On est sorties du palais.

La tête penchée, elle jeta un regard en coin à Erwan, disposé à l’écouter parler. Eleanor soupira.

-Je n’en pouvais plus de rester au palais, seule. Du moins, avec pour unique compagnie la petite compagnie de soldats choisis pour assurer ma surveillance et ma protection, qui me surveillaient à distance. Et puis c’est quand Laena est arrivée que j’ai réalisé que ce que j’avais imaginé pourrait peut être se réaliser. Nous avons subtilisé des habits de bonnes et nous sommes sortis de l’office royal par le passage secret qui mène ici. Comme tu étais absent, il n’y avait aucun garde en poste dans ce couloir. Et nous sommes sorties du château sans nous faire remarquer. On est juste allées danser et manger des fraises sur la grand’place. Puis nous sommes revenues. Il ne s’est rien passé, je te le jure.

Elle se tourna vivement vers Erwan, les yeux grands ouverts, les mains jointes près de son cœur, serrant fort la rose aux pétales d’argent.

-Nous ne nous sommes pas fait prendre et avons pris toutes les mesures pour ne pas être reconnues, il n’aurait rien pu nous arriver !

Sa voix s’éteignit. Elle craignait de l’avoir déçu, surtout après avoir assuré au roi qu’elle se conduirait au mieux lors du banquet. Son regard se perdit dans le lointain, ses mains glissèrent sur son bustier puis sa robe, la fleur se balançant au bout de son bras droit.

-Mais je ne peux pas m’excuser de ce que j’ai fait. Car j’ai pleinement vécu ces instants où j’étais libre hors les murs du château. Ce sont des souvenirs qui resteront à jamais gravé dans ma mémoire, et je ne regrette pas les risques que j’ai pris en toute connaissance de cause. Alors je veux bien tout t’avouer, mais non te faire des excuses.

Son sac était vidé. A mesure qu’elle parlait, son esprit revint à la réalité physique. Eleanor leva le menton et plongea à son tour ses yeux dans ceux de son frère.
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Erwan Azyrith
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Sam 16 Avr - 12:32

La liberté. Combien de fois l’avait-il rêvée ? Sans doute trop pour un jeune Roi, prisonnier des chaînes du pouvoir. Car contrairement aux idées reçues, le sang bleu coulant dans leurs veines n’était pas la tendre promesse d’un avenir radieux, que tant d’êtres s’imaginaient. Captifs dans leur prison de pierre, les draperies soyeuses n’étaient qu’une part du mensonge, visant à faire oublier aux princes du royaume cette triste cage. Pour des enfants nés d’un père éprit de liberté, il n’y avait pas pire contraintes que celles du pouvoir. Mais Erwan avait dut s’y plier, plus par nécessité que volonté. Et lorsqu’il observa sa sœur, face à la fenêtre, il lui sembla comprendre plus que quiconque l’origine de ses tourments. Ainsi, il ne l’arrêta pas, laissant les passions de la princesse s’exprimer. Plus que la déception, germèrent dans son cœur le regret et la crainte. Ses yeux se refermèrent, laissant les paroles d’Eleanor pénétrer son esprit. Lorsque sa vue se tût, il put sentir son regard brûlant se poser sur sa silhouette immobile. Ses paupières se rouvrir, défiant froidement les iris bleuté de sa sœur.

« Des assassins courent peut-être les rues de Tosya, et tu oses prétendre qu’il n’aurait rien pu t’arriver ? »

Sa voix était calme, déclamant avec une lenteur surprenante. Pourtant, son ton sec intimait au silence. C’était à présent un Roi plus qu’un frère qui s’adressait à Eleanor. Un Roi qui, pas à pas, se rapprochait de la princesse.

« Penses-tu les Hommes aveugles ? Ton visage blanc, tes cheveux blonds et tes mains délicates ne sauraient échapper aux yeux d’un soldat lancé à notre poursuite. Ta simple démarche est celle d’une noble, et non d’une femme du peuple. Penses-tu que quelques subterfuges suffisent à tromper leurs vigilances ? S’ils errent bel et bien dans nos murs, tu aurais pu mourir à chacun de tes pas. »

Ces derniers mots sifflèrent dans l’air, plus menaçants qu’une flèche. Son regard c’était assombrit alors qu’il c’était finalement arrêté, à un mètre à peine d’elle. Quelques instants passèrent, sans que le regard d’Erwan n’autorise une réponse. Puis, un soupire outrepassa ses lèvres. Depuis leur plus tendre enfance, il n’avait jamais été capable de réprimander sa sœur.

« Si quelque chose venait à t’arriver, ni moi, ni Alsaria ne saurions nous en relever. Tu ne peux pas prendre ton rôle à la légère. Les devoirs qui nous incombent ont beaux êtres écrasants, nous devons nous en acquitter. »

Sans plus de manière, il lui tourna le dos, se dirigeant à son tour vers la fenêtre. Sous eux s’étendait une cité prospère, animée par l’agitation d’une fin d’après midi. Durant de nombreuses années, on lui avait expliqué qu’un jour, cette ville radieuse serait sous son joug. Et qu’il était de son devoir de la rendre, au fil de son règne, de plus en plus éclatante. Pour cela, il devrait renoncer à sa liberté. Cela aussi, on le lui avait dit. Bien des années après qu’elle eut disparue, il comprenait pourquoi sa mère contemplait si souvent l’extérieur depuis cette large fenêtre.

« Je comprends que tu veuilles être libre. Mais bon sang ! Qu’est ce qui a bien pu te prendre de sortir dans une période aussi trouble ? J’aurais accepté que tu quittes le château en des temps plus clément, mais alors même qu’une épée de Damoclès plane au dessus de nos têtes… Aurais-tu supporté qu’une de vous meure aujourd’hui ? Tu n’es pas la seule à désirer quitter cette cage, mais ait la sagesse de t’éclipser lorsque tu ne risqueras pas ta vie à chaque instant ! »

Sans surprise, son cœur avait finit par être plus fort que sa raison. Sa voix s’était calmée, ses traits adoucis.
Son visage se baissa doucement, laissant à Erwan un bref instant pour expirer ses peurs. Il savait ne pas être capable de protéger Eleanor, hors des murs du château. Cette faiblesse plus que ces agissements inconsidérés provoquait son agacement. Néanmoins, en bon souverain, il effaça ses faiblesses pour mieux s’en retourner vers sa sœur. Un instant, il regretta qu’elle ait ainsi refusé de s’excuser. Pourtant, il n’était pas temps de s’arrêter sur de tels détails.

« Nous organiserons le banquet au plus vite. Je te laisse te charger des préparatifs avec Leana, si cela te conviens. Mais avant, j’aimerais avoir ta version des faits. Que c’est-il passé en mon absence, pour que des soldats itinérants se permettent ainsi de se mêler à la garde royale ? »

Le temps des mœurs semblait déjà aboli, alors qu’Erwan, sans que cette idée ne l’enchante, se devait de reprendre le flambeau de maître des lieux.
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Eleanor Azyrith
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Dim 17 Avr - 16:30

Il était tout à fait inutile de faire le fanfaron face à la réaction vive du roi. Car celui qu’elle trouvait face à lui, c’était le roi, non son frère. Son regard froid la dissuadait de répliquer quoi que ce soit, mais dans tous les cas, elle ne se sentait pas la force de défier son frère. C’était un jeu qu’elle perdrait d’avance. Comme avec Thirit, Eleanor s’efforçait de rester digne et de garder la tête haute, bien que cela lui en coûtait. Les lèvres pincées, elle retenait ses larmes de couler, refusant de paraitre plus faible encore qu’elle ne l’était. Etait ce donc un rêve si incongru que celui d’espérer ressembler plus à sa mère ? Tout le monde avait toujours loué sa beauté et sa ressemblance avec feu Alina, mais avaient ils pris la peine de creuser un peu plus ? Non. Sans quoi ils auraient remarqué qu’un sang différent coulait dans les veines des deux enfants Azyrith et que leur caractère volage ressemblait davantage à celui d’un artiste vagabond. Erwan avait juste mieux réussi à enfouir au fond de lui cette facette moins reluisante. La princesse d’Alsaria admirait son frère pour cela, mais n’arrivait pas comme lui à mettre ainsi de côté toute une part de ses origines. Pour le bien du peuple et des sujets. C’était impossible pour Eleanor. L’allocution d’Erwan ne tira pas un mot à la jeune femme, qui ne put empêcher une larme perler au coin de ses yeux et courir le long de sa joue. Il n’y avait pas là de grandes accusations beuglées sous le coup de la colère, pas de tirades aux sous-entendus prétentieux. Uniquement des mots justes et prononcés avec soin. Eleanor se retrouvait bien plus mal face à un Erwan d’apparence calme que face à un Thirit nerveux et trop orgueilleux. Pourtant le fond des accusations restait le même. Mais là prenait toute l’importance de la façon de dire les choses. Eleanor ne savait plus où se mettre et se retrouvait presque honteuse.

A son tour, comme un papillon attiré par la lumière, Erwan se rapprocha de la fenêtre et laissa partir son regard dans la ville qui s’étendait sous leurs yeux. Bien sûr que non, Eleanor n’aurait jamais supporté qu’il arrive quelque chose à Laena. Et la réciproque se révélerait juste également. Toute l’ampleur de son caprice prit forme alors dans la tête de cette Eleanor tétanisée, sur le point de fondre en larmes. Les palpitations de son cœur se firent plus rapprochées, et elle contemplait son frère, les yeux embués, la gorge nouée.

-Inutile d’organiser un banquet trop luxueux. Nous nous contenterons d’un simple dîner avec nos proches, fit-elle avec de grands efforts pour ne pas se laisser envahir par son émoi. Il n’y aura rien d’officiel, juste une petite soirée pour célébrer ton retour. Cela fera moins de risques.

Elle descendit son regard vers la rose de Laena, tout réfléchissant à la dernière question d’Erwan. Eleanor s’éloigna de lui, pour reposer le présent sur le bureau et s’assoir dans son fauteuil.

-Si tu parles des soldats du sieur de Thanit, c’est Thalys Answald qui a insisté pour les mettre en poste et veiller à ma sécurité en plus de celle du palais. Je leur ai promis gîte et couvert dans les casernes, mais Thirit m’a également demandé à ce qu’ils soient payés comme nos propres gardes. Ce à quoi je n’ai pu répondre. Quand aux autres, qui ressemblent plus à des mercenaires vivotant çà et là, ce sont des hommes de Thalys. C’est elle qui est venue m’avertir du danger et a organisé toute la réorganisation de la garde. Les nôtres se sont fait mener à la baguette par les guerriers de Thalys lors de leur arrivée, ils ont faibli face à eux. En l’occurrence nos soldats ont droit à de petites formations de la part de ces guerriers inconnus.

Thirit. Eleanor ressentit un élan de colère monter en elle rien qu’à l’évocation de son nom. Il avait eu l’insolence de s’adresser à elle avec tant de familiarité et avait de surcroit osé se plaindre.

-Mais je pense qu’il serait préférable de laisser Thirit et ses hommes partir, ce n’est pas leur rôle de servir de gardes. Ce sont des soldats destinés à se battre, pas à protéger une menace invisible. Il craint une mort sans fierté et sans gloire pour ses soldats.

Adossée, ses pieds ne touchant pas le sol, Eleanor jouait machinalement avec la fleur et la faisait tourner entre ses doigts fins, quand une pique de ferraille vint se planter au bout de son doigt et laisser perler une goutte de sang d’un rouge profond. Sans mot dire, Eleanor regarda sa blessure nette. Juste une perle pourpre au bout de son index. Instinctivement, elle porta son doigt à ses lèvres, et s’imprégna du gout du sang.

-Des espions ont été surpris à rôder autour du campement des Fantômes de Thanit. Thalys m’a montré le corps de l’un d’eux, qui s’est tué après qu’il fut attrapé. J’ai également reçu la visite d’un capitaine Ellandyen. L’histoire n’est peut être pas parvenue jusqu’à tes oreilles, mais le gouteur du roi Ibadric Joysword d’Ellandy est mort. Empoisonné. Le capitaine Zorynder est venu enquêter pour peut être faire le lien entre ce qui nous plane dessus et la tentative d’assassinat du roi Joysword.

Elle avait dit tout cela avec placidité, sans montrer sa peur grandissante. Sa peur qui la poussait à commettre des actes comme son évasion du palais plus tôt dans la journée. Et peut être d’autres choses à venir. C’était pourquoi elle avait pensé à l’éventualité de se retirer de Dénaros quelques temps pour partir dans la « maison de campagne » de la famille Azyrith, le temps que cette histoire se calme. Regardant à nouveau son frère, Eleanor ne put se retenir d’ajouter :

-J’ai peur, Erwan. Ces histoires m’inquiètent plus que tu peux le penser.

La micro hémorragie terminée, Eleanor reposa délicatement, l’index relevé, la fleur d’argent sur le bord du bureau.

-J’ai l’impression que malgré elle Laena fait de gros efforts pour mettre de côté son animosité à ton encontre. Cette fleur est magnifique.
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Erwan Azyrith
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Dim 8 Mai - 18:57

Elle souffrait. Il le savait, et pourtant, il ne pouvait se permettre de revenir sur ses mots. Erwan ne comptait plus ces terribles instants où, face aux maux de sa sœur, il devait rester droit et insensible. Combien de fois aurait-il voulu balayer les brimades acerbes dont il dispensait la princesse ? Sans doute trop à présent. Pourtant, un tel comportement aurait été une profonde offense à ce délicat enfant. Ainsi, il acquiesça silencieusement à la proposition d’Eleanor, constant avec fierté la sagesse qu’avait eut sa sœur de se raviser. La brimade était terminée, et il savait pouvoir accorder une pleine confiance à sa sœur. Il n’en avait jusqu’alors jamais douté. Mais lorsque les mots d’Eleanor prirent le ton militaire qu’il redoutait, ces émotions s’effacèrent brutalement. Assimilant les informations délivrées par la Princesse, il fronça les sourcils tout en prenant place sur son fauteuil. Le bureau les séparait, tel un profond gouffre autour duquel chacun se devait de se parer de l’étiquette due au sang royal.

Il fil du récit, Erwan n’avait quitté les yeux de la princesse. Il buvait ses paroles, découvrant dans chaque mot, chaque regard un peu plus sur les événements qui se tramaient au château. La garde royale, mise en laisse comme l’auraient été de simples chiots ? Son sang ne fit qu’un tour face à cette intolérable nouvelle. Qu’en était-il des généraux, des capitaines, et de tous ces hommes qui semblaient avoir été privés de leur autorité ? Qu’en était-il des chevaliers ayant parcouru ses terres avant d’entrer dans la garde ? Tous avaient-ils succombé à une soudaine épidémie, pour ainsi déchoir de piédestal, s’agenouillant auprès de mercenaires vagabondant dans le royaume ? Avait-il laissé son pays se ramollir, ou ces soldats avaient-ils fait taire les puissants pour obtenir une autorité militaire qu’ils n’auraient jamais dû effleurer ? S’en été déjà trop. A l’abri des regards d’Eleanor, les doigts d’Erwan, s’enfonçaient dans les accoudoirs. Comment un tel royaume avait-il pu être remodelé à la botte de soldats sortis de nulle part ? Il faisait face à une impensable aberration. Aussi, congédier ses soldats qui réclamaient payement en supplément du confort qu’ils s’étaient offert fut une idée agréable aux oreilles d’Erwan. Tout du moins, les faire quitter le château sur le champ. Laisser ces soldats volatils à l’intérieur du château lui semblait une bien mauvaise idée. Il ne pouvait accorder sa confiance à des soldats itinérants, qui pourraient dévoiler les secrets de son château. Encore moins suite à un tel affront. Sa décision fut ainsi prise : Il ne tarderait par à rencontrer ce fameux Thanit.

Ravalant sa rancœur, Erwan écouta avec attention la suite des explications, tiquant sur le passage du capitaine Ellandyen. La rumeur était donc vraie. En l’absence de conseiller ou courtisans, Erwan ne pu réprimer un frisson. Un empoisonnement… Il réalisait à présent qu’un unique faux pas pouvait causer sa perte. Un simple accès de confiance pouvait mettre fin à ses jours, tout comme un repas empoisonné pouvait lui coûter la vie. Cette perspective l’effraya. Il savait qu’une fois les explications terminées, le masque du pouvoir le forcerait à taire ses craintes. Mais en cet instant, il réalisait à quel point l’épée de Damoclès dodelinant au dessus de sa nuque était avide de lui ôter son dernier soupire. Qui en ce monde pouvait avoir l’influence de menacer tant Ellandy qu’Alsaria ? Mais l’esprit d’Erwan était déjà au cœur même de cette question. Le royaume de Dinak allait-il essuyer lui aussi un tel assaut ? Sans se l’avouer, Erwan l’espérait. Car sinon….

* Sinon, nos deux royaumes suspecteront Dinak d’être à l’origine de nos maux, et la haine des Hommes grandira à l’encontre de ce royaume… Et il sera alors impossible de retenir la colère du peuple à l’encontre de Dinak sans preuves tangibles… *

Pourtant, Erwan savait qu’ils ne trouveraient sans doute aucune preuve de l’innocence de Dinak. Car si les assassins avaient pus outrepasser les barrières des royaumes, alors ils ne seraient pas assez idiots pour laisser des preuves à leur encontre. Et si Dinak était belle et bien coupable... Erwan ferma un instant les yeux, refusant que son royaume subisse un tel désastre. Ce fut la voix de sa sœur qui le tira de ses songes. Et lorsque ses paupières découvrirent ses iris bruns, ce fut un regard chargé d’affection qui recouvrit la princesse.

« Je sais, Eleanor… Je n’en ai jamais douté. Je te sais assez aviser pour réaliser quelle menace plane sur nous. Ne t’en fais pas. Nous mettrons vite un terme à ce complot pour reprendre une vie plus sereine. »

Un instant, il resta pensif. Pouvait-il y avoir un quelconque intérêt à une vie sereine, captif dans un château glacial ? Sans doute pas. Son regard suivit la rose argentée, et aux mots de sa sœur, un sourire d’enfant se peignit sur les lèvres du roi.

« Je l’ai aussi remarqué. Il y a encore peu, elle aurait pu me gifler pour l’avoir surprise lorsqu’elle se dissimulait dans mon bureau. Pourtant, je doute qu’elle se serait donné tant de mal pour moi, n’est-ce pas ? »

Erwan adressa à ses mots un sourire à sa sœur. Il y avait bien longtemps qu’il avait été exclu du monde des deux jeunes femmes. Pourtant, il savait ne pas être étranger à ce rejet de la part de son ancienne amie. Un soupire empreint de nostalgique quitta ses lèvres, alors que ses yeux se posèrent une nouvelle fois sur la fleur façonnée.

« Ou alors, elle l’aurait couverte de bien plus d’épines, lâcha-t-il d’un sérieux assez déconcertant. »

Puis, ses yeux revinrent scruter ceux d’Eleanor. Un instant, Erwan préféra oublier le présent qui le tourmentait. Il savait que la réunion militaire devrait attendre, et congédier les soldats hors du château ne se ferait pas sans un rude dialogue. Ainsi, il profita de ce bref reprit pour redevenir l’homme, l’enfant, qui sous son masque de Roi, était désireux d’en apprendre plus sur la vie de sa sœur et de son ancienne amie.

« Pourrais-tu me dire comment se porte-t-elle ? Il y a bien longtemps que je n’ai eut de ses nouvelles… Elle m’a semblé bien lointaine. Toi qui est si proche d’elle, sais-tu comment vit-elle en ces jours ? »
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Eleanor Azyrith
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MessageSujet: Re: - L'évasion -   Ven 3 Juin - 14:01

[HRP : pardon pour la taille ridicule et le maigre contenu du post mais c'est le temps de me remettre dans le bain ^^]


Eleanor sourit malgré elle, mais en fut soulagée. Tout son être se détendit et elle sourit de plus belle, respirant la joie. La princesse pencha la tête sur le côté, amusée par la remarque de son frère. Il n’était certes pas assez nigaud pour ne pas comprendre que cette rose ne lui était pas réellement destinée et que Laena s’en était servi comme prétexte pour justifier sa présence dans la pièce.

-On ne te cache rien. Mais je ne doute pas qu’il y ait eu une certaine sincérité lorsqu’elle te l’a donnée, bien que je ne sache pas ce que vous vous êtes dit.

La princesse reprit la fleur en main et la glissa avec attention dans un porte plume sur le bureau, bien en vue. Puis elle admira son œuvre.

-Garde-la, elle te rappellera tes erreurs passées et qu’il n’est jamais trop tard pour se rattraper. Et puisque d’un coup tu sembles si préoccupé par sa santé, elle se porte bien. Elle reste cependant troublée par tout ce qui se trame, mais ce n’est pas tout selon moi. Nous n’avons guère eu le temps de palabrer comme il faut, depuis plusieurs jours. Si tu m’y autorises, j’irais lui rendre visite dans le domaine de son père, pour passer un peu de temps avec elle.
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